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Le jeu "eFootball" de Konami, qui veut concurrencer le leader "Fifa", manque son but

·4 min de lecture

Le jeu vidéo de foot gratuit proposé par l'éditeur japonais Konami pour se relancer face à son concurrent américain Electronic Arts, leader incontesté du genre avec sa série "Fifa", a déçu lors de son lancement, les joueurs pointant ses bugs et ses graphismes "horribles".

"Nous acceptons (les commentaires) que nous avons reçus et nous allons essayer d'apporter des améliorations", a réagi le groupe japonais dans une déclaration publiée vendredi.

Annoncé pendant l'été, "eFootball", est une tentative pour Konami de continuer à exister face à la machine à cash d'EA, dont le dernier volet "Fifa 22" est sorti vendredi, même s'il ne possède ni le même niveau de licences (vrais noms des joueurs, équipes, stades...), ni la même force de frappe marketing.

Premier choix fort de l'éditeur nippon, au grand dam des fans les plus nostalgiques : l'abandon du nom "Pro Evolution Soccer", adulé dans les années 2000 mais en perte de vitesse depuis près d'une quinzaine d'années, au profit du nom plus générique et grand public "eFootball".

Deuxième pari encore plus ambitieux : changer radicalement de modèle économique avec un titre en accès gratuit ("free to play") et disponible depuis jeudi sur consoles, PC, et prochainement sur smartphones, pour favoriser une diffusion la plus large possible.

– "Mauvais, très mauvais" –

Mais, au lendemain de sa sortie, il est conspué par de nombreux joueurs sur les réseaux sociaux pour ses graphismes et sa maniabilité décevants.

"Konami, tu n'aurais pas dû sortir ça dans cet état. C'est mauvais, très mauvais", écrit ainsi un utilisateur de Twitter, d'autres moquant les représentations virtuelles peu flatteuses des stars Lionel Messi ou Cristiano Ronaldo.

Le jeu avait déjà recueilli plus de 10.000 commentaires vendredi matin sur la plateforme Steam, dont seulement 9% étaient positifs.

"Il semble que Konami a sorti le jeu sans même s'assurer que les critères de qualité élémentaires étaient respectés", a déclaré à l'AFP Serkan Toto, de la firme d'analyses Kantan Games à Tokyo, dressant un parallèle avec le jeu "CyberPunk 2077", qui avait été jugé bâclé au moment de sa commercialisation l'an dernier.

Malgré un mauvais départ, le match n'est pas encore terminé pour "eFootball", pense au contraire David Gibson, de la firme de conseil Astris Advisory.

"Il y a beaucoup à corriger, mais c'est réparable", juge-t-il. A condition que Konami n'hésite pas à prendre "des décisions difficiles" comme retirer temporairement le jeu pour l'améliorer.

Dans sa déclaration, l'éditeur japonais s'engage d'ailleurs à "ajouter du contenu petit à petit" et recueillir "dès la semaine prochaine" de nouveaux avis de joueurs pour préparer les mises à jour du mois d'octobre.

- Modèle gratuit mais rentable -

La gratuité du jeu devrait toutefois limiter l'indignation des fans. Avec ce modèle économique, les titres bénéficient habituellement de mises à jour régulières et des micro-achats permettent d'accéder à des contenus additionnels (joueurs rares, maillots,...).

"Des micro-transactions sur des millions de joueurs potentiels, cela peut vraiment rapporter gros. C'est ce qu'a très bien montré le succès d'un jeu comme +Fortnite+", rappelle à l'AFP Julien Pillot, enseignant-chercheur à l'Inseec, spécialiste du numérique et des industries culturelles.

Jeu vidéo le plus vendu en Europe en 2020 devant "Animal Crossing : New Horizons" et "Mario Kart 8 Deluxe", selon l'institut Gfk, "Fifa" n'a pour sa part pas besoin de révolutionner sa recette gagnante. Rien qu'en France, il s'est vendu 1,3 million d'exemplaires de "Fifa 21" en s'appuyant sur un modèle également tourné vers l'esport.

Leader d'autant plus scruté, la pépite d'Electronic Arts veille à écarter tout ce qui peut nuire à son image. Ainsi, le champion du monde français Benjamin Mendy, accusé de viols et agression sexuelle et emprisonné depuis fin août pour ne pas avoir respecté les conditions de son contrôle judiciaire, n'apparaît pas dans la nouvelle version du jeu.

Electronic Arts avait déjà pris une telle décision concernant l'ex-chroniqueur de Canal+ Pierre Ménès, mis en cause dans des affaires d'agressions sexuelles, en l'écartant de son jeu, dont il était pourtant l'un des commentateurs vedettes.

yk-jub-bur/mch/sr

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