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"J'ai été plaqué au sol": au procès Benalla, deux manifestants du Jardin des plantes racontent

·4 min de lecture

"J'ai été plaqué au sol": deux manifestants ont raconté jeudi au tribunal de Paris des violences subies au Jardin des plantes le 1er mai 2018. En sont-ils les auteurs ? "Non", ont juré Alexandre Benalla et Vincent Crase.

Dans la vaste salle d'audience, tous les visages sont tournés vers l'écran.

Un cadrage vertical, un téléphone qui tangue, les pieds de jeunes manifestants qui cherchent à sortir du parc parisien, où ils se sont réfugiés alors que le cortège de la Fête du Travail a dégénéré.

A l'image, ils rencontrent trois hommes: Alexandre Benalla, chargé de mission à l'Elysée, Vincent Crase, employé de LREM, et le major qui accompagnait ce jour-là les deux "observateurs".

Le deuxième leur indique une direction puis le cadre bascule: "Hé hé hé, mais j'ai rien fait, j'ai rien fait !", hurle une voix féminine. Noir.

Les protagonistes de cette vidéo se font face, plus de trois ans plus tard, au tribunal, assis sur les mêmes chaises rouges. Ils sont d'accord sur leur rencontre mais c'est sur les dernières secondes et ce qu'il se passe après que les versions divergent radicalement.

"Je n'ai pas douté une seconde, j'étais persuadé que c'était des policiers", raconte à la barre Simon D., aujourd'hui 27 ans, qui participait au cortège du 1er mai comme son amie Mélisande C., auteure de la vidéo.

Il confirme avoir entendu l'un des trois hommes crier "elle filme, elle filme", puis avoir été "plaqué au sol par derrière", "bras croisés" et "maintenu au sol avec soit un coude, soit un genou".

Dans cette scène de "quelques secondes", il se souvient avoir été retourné puis menacé par un homme avec une "matraque télescopique", avant d'être embarqué et placé en garde à vue pendant 48 heures - "les pires de (sa) vie". Il ressortira sans poursuite.

La scène se déroule vers 17H00, deux heures avant celle de la place de la Contrescarpe, dont la révélation en juillet 2018 par Le Monde avait été le détonateur de "l'affaire Benalla".

C'est après l'explosion du scandale que Simon D. identifiera Vincent C. comme étant "l'homme à la matraque". Et pendant l'instruction, deux policiers affirmeront que l'homme qui le maintenait au sol était Alexandre Benalla.

- "100% catégorique" -

"Mes souvenirs, c'est une projection", restitue à son tour Mélisande C. "Je ne vois pas qui m'attrape, je me retrouve plaquée à l'arbre. (...) Je suis terrorisée, j'arrive même pas à arrêter ma vidéo et cette projection sur l'arbre, c'est une fraction de seconde, c'est hyper violent".

Un homme a ensuite saisi son téléphone, dit-elle, et effacé la vidéo qu'elle venait de réaliser - le fichier sera ensuite récupéré par son compagnon.

Alors qu'elle protestait, elle raconte s'être entendue répondre: "T'as qu'à aller à Cuba, au Venezuela". Puis, quand elle a demandé un numéro de matricule policier, l'homme lui a répliqué avec un sourire: "007".

Mélisande C. le reconnaît: elle ne peut "affirmer à 100%" qu'il s'agissait de Vincent Crase, mais elle en est "persuadée". "C'est une déduction", ajoute-t-elle.

Une version niée en bloc par l'intéressé, qui admet avoir "donné une direction" aux jeunes gens mais "absolument pas" avoir menacé Simon D. avec une matraque ou avoir "touché" Mélisande C.

Pendant l'instruction, il a décrit un policier en civil "avec un couvre-chef" qui aurait pu avoir été confondu avec lui - une hypothèse écartée à l'issue des investigations.

"C'est bien cet homme-là qui a fait les actions qui me sont reprochées", répète Vincent Crase. "Je suis 100% catégorique que ça n'est pas moi", insiste-t-il, "je serais incapable de manipuler un téléphone": en compétences techniques, je suis absolument nul".

"Je pense que c'est l'hypermédiatisation de ce dossier qui a pu amener ces confusions", glisse-t-il.

Une position partagée par Alexandre Benalla.

"Je n'ai jamais eu aucun contact ni physique ni vocal d'aucune façon avec M. D et Mme C.", assure-t-il, sa large silhouette légèrement penchée à la barre.

"Parmi dix témoins, il y a deux personnes qui le disent, ce sont deux policiers qui travaillent ensemble. Pour moi c'est faux, ce sont des mensonges", affirme-t-il d'une voix forte. Il n'y a eu "aucun contact, zéro, rien, je suis formel là-dessus".

L'audience reprendra vendredi avec la suite de l'examen des violences reprochées au deux hommes place de la Contrescarpe.

alv/cb/cbn

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