"J’exige la perfection de chacune de nos boutiques Cartier"

Teint hâlé, ventes en hausse et prévisions de croissance à plus de 20% : lejour de notre rencontre, la rentrée 2012 s’annonce sous les meilleurs auspices pour Bernard Fornas. Mais l’attelle qui lui enserre la cheville – un souvenir de vacances – bride un peu son élan. «Fichu pied cassé, grommelle cet hyperactif réputé pour son caractère bien trempé. D’habitude, je fonctionne à 120%. Là, j’aiété obligé de ralentir à 110%.» Ralentir, ce n’est clairement pas dans les habitudes de cet ex-EM Lyon, entré chez Cartier en 1994 en tant que directeur marketing, avant d’en prendre la direction générale il y a dix ans.

Depuis, il a accéléré l’internationalisation de la maison et l’a confortée dans sa position de leader mondial de la bijouterie-joaillerie, tout en préservant le caractère exclusif de son image de marque. «Cela paraît simple, mais c’est une équation extrêmement difficile à résoudre», souligne le patron de la griffe, qui réaliserait, selon les analystes, plus de la moitié des ventes et les deux tiers des profits du groupe suisse Richemont. A la fin de l’année, Bernard Fornas, 65 ans, partira à la retraite, mais devrait garder une place au conseil d’administration de la holding. Au moment où ses rivaux Vuitton, Dior et Chanel s’attaquent à la haute joaillerie…

Management : De plus en plus de marques de luxe, comme votre concurrent Louis Vuitton, se mettent à la haute joaillerie. Cela vous fait-il peur ?
Bernard Fornas : Louis Vuitton et Cartier ne sont pas concurrents. A l’échelle globale, je dirais plutôt que nous sommes complémentaires. Comme nous, Louis Vuitton est une marque pionnière. Nous nous sommes retrouvés côte à côte dans de nombreuses contrées lontaines, y compris dans des villes dont vous ne connaissez pas le nom, pour défricher le terrain et montrer la voie aux suiveurs. Nous nous complétons d’autant mieux que nous n’attirons pas forcément les mêmes clients, la joaillerie étant beaucoup plus chère ...

... Lire la suite sur capital.fr