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Iran: nouvelles expropriations à l'encontre de la minorité religieuse baha'ie

·4 min de lecture

Le 13 octobre 2020, la cour d’appel de Mazandaran, dans le nord de l'Iran, a validé l’expropriation de 27 familles d’agriculteurs baha’is, installées depuis le XIXe siècle dans le village d’Ivel. Cette décision de justice fait craindre une intensification des persécutions dont sont victimes les membres de cette communauté, la première minorité religieuse non musulmane d’Iran. Une campagne Twitter a été lancée pour les défendre, et a reçu le soutien de plusieurs autorités musulmanes, en dehors du pays.

Pour Karim Lahidji, président de la Ligue iranienne des droits de l’homme, ONG basée à Paris, la décision de la cour d’appel de Mazandaran s’inscrit dans la continuité de la « politique de persécution systématique entamée depuis la Révolution iranienne par les autorités » à l’encontre des disciples de la religion baha’ie, première minorité non musulmane d’Iran.

Dans le village d’Ivel, situé dans la province de Mazandaran, au nord du pays, des habitants baha’is avaient ainsi déjà été expropriés en 1983 et en 2010. Depuis, les familles baha’ies restantes devaient solliciter des autorisations pour exploiter leurs terres, mener leurs troupeaux et ramasser les noix cultivées dans leurs vergers. La décision d’octobre marque l’arrêt de tous les recours judiciaires et valide leur expulsion définitive du village.

« Ce sont des terres ancestrales qui ont été confisquées, s’insurge Hamdam Nadafi, directrice du Bureau des affaires extérieures de la communauté baha’ie de France. Cela fait des années que les baha’is sont persécutés en Iran. Mais cette décision de justice marque un pas en avant vers la possibilité d’une expropriation générale des baha'is. »

L’article 49 de la Constitution islamique, servant de fondement juridique à cette décision, autorise, comme le rappelle Hamdam Nadafi, « à exproprier quelqu’un en cas d’acquisition illégitime ou frauduleuse d’un bien ». Ce qui n’est pas le cas des baha’is d’Ivel. « Les motifs avancés dans le cas d’Ivel n’ont aucune justification légale : les baha’is sont installés dans le village depuis plusieurs générations, ces terres leur appartiennent réellement. Dans sa décision, la cour d’appel de Mazandaran indique que les baha'is n’ont pas droit à la propriété. Ce qui motive l’expropriation n’est rien d'autre que la différence religieuse. »

Selon la représentante baha’ie, d’autres confiscations d’actes de propriété ont également eu lieu au mois de novembre dernier dans plusieurs localités d’Iran. « Nous redoutons que cette décision ne marque le début d’une vague d’expropriation massive des baha’is dans le pays », s’inquiète-t-elle.

Des expropriations condamnées par des leaders musulmans du monde entier

Les baha’is sont visés par une politique de « discrimination systématique » depuis l’avènement de la Révolution islamique, selon Karim Lahidji. « La communauté baha’ie n’est pas reconnue comme minorité religieuse par la Constitution, explique l’ancien avocat. Ses membres sont persécutés, arrêtés, et parfois même exécutés en raison de leur foi. Ils sont considérés comme des hérétiques, leur religion est interdite, et sa pratique est vue comme une atteinte au régime en place. »

Les baha’is d’Iran sont ainsi privés d’études supérieures, il leur est interdit d’aller à l’université et ils ne peuvent pas travailler dans le secteur public. Leurs commerces font l’objet de pressions et de fermetures administratives brutales, tout comme les entreprises privées qui les emploient. « Ces mesures ont pour but d’éliminer la communauté baha’ie en tant qu’entité viable, affirme Diane Ala’i, représentante de la communauté internationale baha’ie auprès des Nations unies. Tout est fait pour les étouffer économiquement. »

Face au silence des autorités iraniennes, une campagne Twitter a été lancée pour défendre les habitants d’Ivel. Sous le hashtag « IsTheirLand », elle a déjà reçu le soutien de plusieurs gouvernements et de leaders musulmans du monde entier. Les ministres des Affaires étrangères du Canada et du Royaume-Uni ont ainsi appelé les autorités iraniennes à revenir sur leur décision, tout comme le Congrès islamique américain, le Conseil canadien des imams, le cheikh britannique Ibrahim Mogra ou encore la All India Saifi Association.

« Les baha’is sont régulièrement soutenus par les Nations unies, poursuit Diane Ala’i, mais le soutien qu’ils ont reçu cette fois ci de la part de nombreuses autorités islamiques est exceptionnel. Nous espérons que les autorités iraniennes reviendront sur cette décision injuste. »

Contactée, l’ambassade de la République islamique d’Iran à Paris n’a pas donné suite à notre demande d’entretien.

► À écouter aussi : L'Iran et la liberté religieuse des baha’is