La bourse est fermée

Introduction en Bourse: mode d'emploi en trois points clés

Juliette RABAT
Jeudi, la Française des Jeux (FdJ), jusqu'alors propriété à 72% de l'Etat, fera son entrée à la Bourse de Paris

Paris (AFP) - Jeudi, la Française des Jeux (FdJ), jusqu'alors propriété de l'Etat, fera son entrée à la Bourse de Paris. Que se passe-t-il quand une entreprise ouvre son capital au public et devient cotée ? Où va l'argent tiré de la vente des actions ?

- Ouvrir le capital -

L'opération par laquelle une entreprise s'introduit en Bourse s'appelle une offre publique initiale ("Initial Public Offering" ou IPO, en anglais). Les titres proposés peuvent soit provenir d'une émission par l'entreprise de nouvelles actions, soit être des actions existantes, cédées par des actionnaires historiques, qui vont ainsi réduire leur part au capital.

Dans le premier cas, on parle d'augmentation de capital: l'argent obtenu peut servir à l'entreprise à financer des projets ou des investissements, ou bien à éponger ses dettes. Dans le second cas, l'argent versé par les acquéreurs des titres est empoché par les actionnaires historiques, l'Etat dans le cas de la FdJ, qui pourrait retirer près de 2 milliards d'euros de cette privatisation.

L'acquéreur, qu'il soit un particulier, un salarié ou un investisseur institutionnel (fonds, entreprises, banques, assurances...), devient actionnaire de l'entreprise: il détient une part du capital. Cela lui donne le droit de voter aux assemblées générales -- avec un poids dans le vote proportionnel à sa part du capital -- et lui permet de toucher des dividendes, en proportion des bénéfices éventuellement réalisés par l'entreprise si celle-ci décide de les distribuer.

- Prix de l'action -

Lorsqu'elle entre en Bourse, une société peut choisir où ses actions vont être cotées, c'est-à-dire dans quel pays, mais aussi sur quel type de marché. Différents segments de marché existent selon la taille de l'entreprise et ses objectifs de développement.

Par ailleurs, s'introduire en Bourse à Paris, ce qui se fait via l'opérateur boursier Euronext, ne signifie pas forcément intégrer l'indice CAC 40, qui regroupe les 40 plus grosses entreprises, comme le géant du luxe LVMH ou celui du pétrole Total. La composition du CAC 40 est établie par un Conseil scientifique des indices, qui se réunit chaque trimestre.

Afin de fixer le premier prix de l'action, l'entreprise détermine tout d'abord, en accord avec les banquiers désignés pour la conseiller, une fourchette - entre 16,50 et 19,90 euros dans le cas de la FdJ - au sein de laquelle les investisseurs institutionnels indiqueront combien ils sont prêts à payer par action.

De leur côté, les particuliers donnent seulement le montant total qu'ils veulent verser.

Pour ce qui concerne la FdJ, le grand public avait déjà demandé dimanche pour plus d'un milliard d'euros d'actions, soit au 11e jour de la souscription sur 13 au total, selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Le prix d'introduction est ensuite arrêté en fonction de la demande exprimée par chacun de ces groupes d'investisseurs.

Pour la FdJ, le prix définitif de l'action sera fixé par décret du ministre de l'Economie mercredi.

Les actions vont ensuite s'échanger à la Bourse, elles deviennent alors "cotées". Leur cours évolue au gré des anticipations des investisseurs quant à l'évolution des bénéfices de l'entreprise. Il peut varier à la hausse ou à la baisse. C'est donc un placement potentiellement risqué.

En multipliant le nombre total d'actions en circulation par leur cours de Bourse à un moment donné, on obtient la valorisation ou capitalisation boursière de l'entreprise.

Avec un nombre maximum de 99,32 millions de titres mis sur le marché, la valorisation boursière de la FdJ pourrait atteindre jusqu'à 1,9 milliard d'euros jeudi si le prix final se situe bien dans la fourchette indiquée.

- Devoir de transparence -

En devenant cotée, une entreprise accède à un marché réglementé, ce qui implique une plus grande transparence, via un certain nombre d'obligations réglementaires, notamment en matière de communication.

Avant même son introduction en Bourse, l'entreprise doit ainsi fournir un document appelé "prospectus", qui est approuvé par un "visa" du gendarme boursier (l'Autorité des marchés financiers dans le cas de la France).

Ce document précise les modalités de l'entrée en Bourse et un certain nombre d'informations sur l'activité de l'entreprise, son organisation, les risques auxquels elle est exposée ou encore ses performances financières passées, afin que les investisseurs se positionnent en connaissance de cause.

Une fois cotée, l'entreprise devra communiquer régulièrement ses résultats financiers ainsi que toute information susceptible d'influer sur son cours de Bourse.