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INTERVIEW. "Nous sommes plus microbiens qu'humains !"

·2 min de lecture

La découverte des milliards de microorganismes bénéfiques que nous hébergeons a représenté un choc et bouleversé notre conception de l'immunité jusqu'à la définition même de l'individu.

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir - Les Indispensables n°207, daté octobre/ décembre 2021.

Thomas Pradeu est philosophe de la biologie et directeur de recherches au CNRS.

Sciences et Avenir : Soi, non-soi, anticorps, défense… Ces termes agressifs disent-ils quelque chose de la conception du système immunitaire ?

Thomas Pradeu : On peut déjà repérer l'idée d'une immunité cinq cents ans avant notre ère, alors qu'Athènes connaît une épidémie de peste. L'historien Thucydide constate alors que les survivants sont protégés lors de l'épidémie suivante. Mais c'est dans le contexte des nationalismes français et prussien exacerbés, au 19e siècle, que l'idée d'immunité devient très concrète : avec Pasteur et la vaccination d'une part, les travaux de l'Allemand Robert Koch, découvreur du bacille de la tuberculose, d'autre part. Naît alors une réflexion sur les moyens de créer ou d'augmenter l'immunité. Quels sont ses acteurs fondamentaux ? Les anticorps c'est la thérapie humorale, proposée en Allemagne ? Ou les cellules phagocytaires c'est la théorie cellulaire, proposée en France ? On saura plus tard que ces deux types d'immunité sont importants et complémentaires.

C'est donc alors la naissance de l'immunologie ?

Elle apparaît comme discipline scientifique dans les années 1920, dans le prolongement de ces travaux, mais aussi de la sidération que font naître les échecs des transplantations sur les "gueules cassées" de la Première Guerre mondiale : pourquoi l'organisme rejette-t-il une greffe qui pourtant lui rendrait service ? Or, ce qu'il y a de commun entre une allogreffe et un pathogène, c'est l'idée de non-soi un terme proposé par le virologue australien Frank Macfarlane Burnet dans les années 1940 : l'organisme rejette tout ce qui n'est pas soi. Là encore, le contexte joue, puisque c'est une époque où chaque nation tend à définir l'autre, l'étranger, comme un ennemi. Aujourd'hui, cette idée selon laquelle l'immunité a principalement à voir avec la défense[...]

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