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Controverse au sein de l'UE sur les céréales ukrainiennes

Les interdictions sont en place depuis le 2 mai et s'appliquent à cinq Etats membres de l'UE voisins de l'Ukraine : la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie. Ces capitales dénoncent l’accumulation des stocks de céréales sur leur territoire ce qui fait baisser les prix sur les marchés locaux.

A la suite d’un compromis avec la Commission européenne, quatre produits en provenance d'Ukraine : le blé, le maïs, le colza et le tournesol peuvent transiter par ces cinq pays mais sans être commercialisés, ni stockés.

Ces mesures extraordinaires ont provoqué la colère de Kyiv. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, les qualifie d'"absolument inacceptables". D'autres pays de l'UE, comme l'Allemagne et la France, ont pour leur part exprimé de sérieuses inquiétudes quant à l'impact des restrictions pour l'intégrité du marché unique.

La Commission, qui a négocié l'accord afin d'éviter des mesures de rétorsion non coordonnées de la part des Etats membres d'Europe de l'Est, a insisté sur le fait que les interdictions seraient définitivement levées d'ici le 15 septembre. Au-delà les efforts devraient concentrer sur l'amélioration des capacités de transport et de stockage.

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Mais jeudi matin, le Commissaire européen en charge de l'Agriculture, le Polonais Janusz Wojciechowski, a rompu les rangs avec la ligne de son institution. Il a explicitement approuvé l'extension des interdictions commerciales jusqu'à la fin de l'année, un calendrier qui devrait déclencher la fureur de Kyiv.

"Mon observation est que cette interdiction locale fonctionne bien, les importations directes vers ces cinq pays ont cessé, mais nous avons constaté des conséquences négatives, en général, pour le marché de l'UE, parce que les importations ont continué vers d'autres pays qui ont besoin de céréales ukrainiennes, (comme) l'Espagne, les Pays-Bas, l'Italie", a-t-il déclaré aux membres du Parlement européen lors d'une audition de la commission de l'agriculture.

"Nous pouvons nous attendre, c'est mon observation, à ce que, si cette interdiction n'est pas prolongée, nous observions le même problème (qu'auparavant) avec les Etats membres sur la ligne de front".

Janusz Wojciechowski estime que l'ouverture totale du marché ou sa fermeture complète constituaient "des extrêmes différents". Il suggère une troisième option possible dans laquelle les interdictions temporaires seraient maintenues, mais avec une aide financière supplémentaire pour stimuler le transport.

Selon le Commissaire, seuls 2 à 3 % des céréales ukrainiennes sont expédiées vers des pays tiers, y compris des pays africains à faible revenu, parce que les coûts de transit sont trop élevés, ce qui rend l'opération "économiquement non-viable". Par conséquent, la majeure partie de la cargaison reste sur le marché européen.

"C'est le principal obstacle : le transit ne fonctionne pas bien", précise Janusz Wojciechowski.

Il propose donc un nouveau programme de subventions pour aider les entreprises ukrainiennes à acheminer leurs cargaisons vers les ports de l'UE et à les vendre dans le monde entier. Selon lui, ces subventions devraient représenter entre 20 et 30 euros la tonne, en fonction de la destination finale. Il en résulterait un programme de 600 millions d'euros, financé par le budget de l'UE, pour faciliter l'expédition de 20 millions de tonnes jusqu'à la fin de l'année.

"La seule solution est de soutenir le transit et de maintenir l'interdiction jusqu'à la fin de l'année, car après le 15 septembre, il y aura d'énormes problèmes, le même problème, encore plus important que celui que nous avons connu auparavant", prévient le responsable polonais aux eurodéputés.

Le Commissaire explique qu'il s'agit d'une "proposition personnelle", mais il précise en avoir déjà discuté en interne avec ses collègues du Collège et avec les représentants de la Pologne, de la Hongrie, de la Slovaquie, de la Roumanie, de la Bulgarie et aussi de l'Ukraine.

"Je pense que c'est la meilleure solution et j'espère que l'ensemble de la Commission l'examinera et donnera son feu vert".

"Le problème est difficile et nous devons agir dans un esprit de solidarité avec les agriculteurs, avec les États membres qui ont souffert de la situation, mais aussi avec l'Ukraine."

Son opinion personnelle

Peu après la fin de l'audition parlementaire, la Commission européenne s'est distanciée des commentaires du Commissaire. L’institution a répondu que l'élimination progressive du 15 septembre se déroulerait comme prévu.

"Tout d'abord, il faut souligner que, comme le Commissaire l'a dit ce matin lors de l'audition devant le Parlement européen, il a exprimé son opinion. Il a clairement indiqué que son point de vue ne représentait pas la position de la Commission", a insisité une porte-parole.

Elle ajoute qu’un travail est "en cours" pour augmenter les capacités de transport par des routes alternatives, comme le Danube, pour desserrer les goulets d'étranglement provoqué par l'introduction du régime sans droits de douane pour les céréales ukrainiennes.

"Tout ce travail est effectué avant le 15 septembre afin d'avoir une très bonne préparation et de s'assurer que nous pouvons aborder toutes les questions qui ont été soulevées il y a quelques mois", ajoute la Commission.

Ces deux prises de parole révèlent un désaccord interne au sein de l’institution qui pourrait encore envenimer le débat sur l'avenir.

La Pologne, la Hongrie, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie demandent à l’UE de prolonger jusqu'à la fin de l'année les restrictions. Ces Etats membres font valoir que l'effondrement de l'accords sur les céréales en mer Noire augmentera inévitablement les exportations ukrainiennes par voie terrestre. Ils souhaitent aussi élargir ces restrictions à d'autres produits "que les céréales et les oléagineux". Janusz Wojciechowski a désigné jeudi la volaille, les œufs et les framboises comme des produits méritant un examen plus approfondi.

Pour Varsovie, le sujet est particulièrement sensible en raison des prochaines élections législatives. Les électeurs ruraux sont considérés comme un groupe incontournable pour le parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir et auquel appartient Janusz Wojciechowski.

Mais pour l'Ukraine, toute idée de prolongation au-delà du 15 septembre est vouée à l'échec.

"Cette mesure violerait l'accord d'association entre l'Ukraine et l'UE. Plus important encore, cette mesure ira à l'encontre du principe de solidarité sur lequel l'Union européenne est fondée", a insisté en début de semaine Dmytro Kuleba, ministre ukrainien des Affaires étrangères.

"S'ils se comportent ainsi, ils ne nous laisseront pas d'autre choix que de défendre farouchement nos droits et les droits des agriculteurs ukrainiens".