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"Indignation" et "nausées" après la découverte d'une fresque pornographique à l'internat du CHU de Toulouse

·6 min de lecture
L'internat de médecine de l'hôpital Purpan, qui dépend du CHU de Toulouse. - Google Street View
L'internat de médecine de l'hôpital Purpan, qui dépend du CHU de Toulouse. - Google Street View

Une femme coiffée de couettes, à moitié nue et à quatre pattes, une autre gisant morte les jambes écartées au milieu des ordures. Une grande fresque sexiste et "pornographique" a été découverte sur le mur de la cantine de l'internat de médecine de l'hôpital Purpan, qui dépend du CHU de Toulouse. Celle-ci a été signalée la semaine dernière par le collectif Jeudi11-2, un collectif d'usagers de l'internat créé en 2018, mais elle trône dans la cantine depuis cet été, selon France 3 Haute-Garonne.

La fresque mesure 3 mètres de largeur sur 2 mètres de hauteur et détourne le célèbre tableau La liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix. Nous avons pu la consulter mais ne souhaitons pas la diffuser. Elle n'est pas signée mais met en scène une femme le bras levé à l'image de celle du célèbre tableau, à la différence que celle-ci est complètement nue, au milieu d'autres membres du personnel hospitalier dénudés et s'adonnant à diverses pratiques sexuelles.

Le CHU demande "le retrait immédiat" de la toile

Le syndicat Sud du CHU de Toulouse, alerté par le collectif et par l'association Osez le féminisme 31, a déposé samedi une procédure d'alerte pour danger grave et imminent auprès de la direction générale et du directeur des Ressources humaines (DRH) de l'établissement. Selon nos informations, l'Inspection du travail a également été saisie et une réunion entre la direction, les syndicats et associations est prévue mardi matin. Et dans un communiqué lundi soir, le centre hospitalier de Toulouse a indiqué souhaiter "le retrait immédiat du tableau du self".

"Le CHU et les facultés de santé rappellent leur attachement le plus strict à la lutte contre toute forme d’atteinte à la dignité des personnes", écrit la direction dans ce communiqué. "Ils conduisent depuis plusieurs années une politique de prévention et de lutte contre le harcèlement et la discrimination. Dans cet esprit, un courrier a été adressé au président de l’association de l’Internat, lui demandant le retrait immédiat de cette toile".

Contacté lundi par BFMTV.com, le syndicat des internes en médecine de Toulouse n'a pour l'instant pas donné suite à nos sollicitations.

"Des scènes qui n'ont rien à faire dans l'hôpital public"

"C'est inacceptable!", dénonce Victor Alava, infirmier et secrétaire adjoint Sud Santé Sociaux de Haute-Garonne auprès de BFMTV.com. Il s'agit, selon lui, d'"une fresque "à caractère clairement pornographique" représentant du personnel identifiable du centre hospitalier. Il décrit "des scènes dégradantes, sexistes et homophobes qui n'ont rien à faire dans un hôpital public".

Selon lui, ces dessins ont été réalisés à l'initiative des internes, qui font probablement appel à des étudiants aux Beaux-Arts. Cela s'inscrit dans la "tradition carabine", un terme à caractère ironique pour désigner les étudiants en médecine qui ont pour habitude de s'adonner à des plaisanteries grivoises. "Les fresques carabines sont contraires au respect de la dignité humaine et aux valeurs portées par le service public", dénonce le syndicat hospitalier dans un communiqué publié dimanche.

"La culture carabine n'existe pas", ajoute même l'organisation syndicale, "mais le harcèlement sexiste et sexuel, oui". Dans le communiqué relayé sur Twitter, elle ajoute que "cette nouvelle fresque est une insulte pour les femmes et n’a pas sa place dans le premier CHU de France".

"Un dessin qui banalise les violences faites aux femmes"

"Nos collègues" - des internes, externes et même des intervenants extérieurs - ont été profondément choqué(e)s" par cette fresque la semaine dernière et nous partageons notre dégoût face à ce dessin", déplore Isabelle Prono, membre du syndicat Sud du CHU de Toulouse. Selon elle, ce dessin "banalise les violences faites aux femmes sur leur lieu de travail" et "participe à un climat de harcèlement d'ambiance".

"Cette fresque a suscité indignation et nausées de la part des travailleuses et des travailleurs de l'hôpital. En la voyant, on n'a qu'une envie, c'est détourner les yeux. On est très loin du registre initial de Delacroix... entre la nudité, les talons, la femme blonde habillée de rose, coiffée de couettes et à quatre pattes, et celle morte au milieu des ordures... C'est d'une violence..."

Le syndicat et les associations réclament non seulement son retrait, mais des mesures sur le long terme pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes au sein de l'hôpital. "Ils n'en sont pas à leur coup d'essai", déplore auprès de BFMTV.com Léa Dinger, co-présidente de l'antenne toulousaine de l'association Osez le féminisme.

Une fresque comparable déjà retirée en 2018

"Il y a un problème plus grave, un problème de fond car cette fresque s'inscrit directement dans la lignée de celle peinte en 2018", appuie Isabelle Prono. À l'époque déjà, une fresque comparable avait été accrochée par des internes sur le mur de la salle de garde de l'hôpital. Celle-ci avait été signalée par le collectif Jeudi11, et une banderole "Ceci est du harcèlement sexuel" avait été apposée dessus pour la dénoncer. La direction du CHU avait ordonné le retrait de la fresque quelques jours plus tard, mais le syndicat des internes s'était alors opposé à son retrait. La direction avait en outre promis que l'égalité femmes-hommes serait "la priorité" de l'établissement.

Or cela est loin d'être le cas, pour Victor Alava, du syndicat Sud de Haute-Garonne. "Le CHU de Toulouse est complètement en retard et défaillant sur les questions de violences sexistes et sexuelles". Ces scènes, explique-t-il, "encouragent un climat toxique et tolèrent les violences sexuelles au sein de l'établissement. Ça fait dire aux potentiels harceleurs: 'pourquoi on se gênerait pour faire ci ou ça alors que ces comportements sont affichés sur les murs, aux yeux de tous'?", pointe-t-il.

Aujourd'hui, Isabelle Prono estime que "la direction doit dire haut et fort qu'elle s'oppose à ce genre de pratiques" afin que "nous n'ayions pas à nous battre tous les trois ans pour que soient retirées ce genre de fresques. C'est quelque chose qui doit être acté, interdit noir sur blanc", ajoute Léa Dinger, co-présidente d'Osez le féminisme.

"Ce n'est plus possible", note-t-elle auprès de BFMTV.com, "et encore moins après des mouvements de libération de la parole comme #MeToo. Les femmes ne veulent plus tolérer ça, et ont besoin qu'on leur fournisse un espace de travail sain et dénué de toute forme d'oppression et de discrimination. Il est temps que les choses évoluent dans les grands centres hospitaliers français". Par ailleurs, "ce serait se mentir que d'imaginer que ces violences n'auraient aucune répercussion sur le traitement des patients".

Article original publié sur BFMTV.com

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