Immobilier de luxe : les riches tentés par l’exil fiscal n’arrivent pas à vendre

Sept mois après l’arrivée de François Hollande, nombre de propriétaires fortunés sont tentés de fuir l’Hexagone. Mais leur projet de départ est freiné par la pénurie d’acheteurs.

Vent de panique chez les grandes fortunes françaises… A en croire les grands réseaux immobiliers de luxe, de plus en plus de riches propriétaires peinent à se défaire de leurs duplex et autres villas de rêve dans l’espoir de partir à l’étranger et d’échapper au tour de vis fiscal du gouvernement.

« En sept mois, les mandats de ventes des biens immobiliers à plus d’un million d’euros sont passés de 700 à 1200. Du jamais vu en trente ans de carrière ! », lâche Charles-Marie Jottras, président du réseau Féau. Même son de cloche chez Barnes, autre grande enseigne spécialiste dans le luxe, où l’on assure qu’un tiers des mises en vente de biens de plus de 3 millions d’euros a pour motivation l’exil fiscal.

Problème : les propriétaires doivent faire face à une pénurie d’acheteurs. Entre juin et août les transactions de biens immobiliers à plus d’un million d’euros ont chuté de 16% sur un an, et celles à plus de deux millions de 38%, selon les notaires. Blocage qui s’est encore amplifié depuis la rentrée de septembre…

« Seule une poignée de biens d’exception sans défaut parviennent encore à trouver facilement preneur. Mais sur le reste du marché, plus rien ne se vend à moins de consentir des rabais de 10 à 15% par rapport à l’an passé », admet Richard Tzipine, directeur général du réseau Barnes. Témoin, ce 300 mètres carrés, avec jardin, proposé à 4 millions d’euros, rue de la Muette dans le 16ème arrondissement de Paris… et qui n’a reçu que deux visites par mois depuis juin.

Guillaume Chazouillères

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