Immobilier : faut-il craindre une remontée des taux ?

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BELI.PA30,200,22

Alors que les taux d'emprunts n'ont jamais été aussi bas, en parallèle de taux de marché historiquement bas (l'OAT 10 ans termine l'année sous les 2%), le courtier en prêts immobiliers Cafpi rappelle que la suite va dépendre de l'évolution de la note de la France (abaissée d'un cran par Moody's en novembre). Compte tenu de la dégradation de la situation budgétaire du pays, Philippe Taboret, Directeur Général Adjoint de Cafpi, juge inéluctable une remontée des taux sans pouvoir encore en préciser l'échéance ou les proportions. D'après lui, il ne faut pas pour autant redouter que les taux atteignent des niveaux "insupportables".

Au sujet de la baisse de la production des crédits immobiliers, de l'ordre de 30% depuis trois trimestres consécutifs, le courtier estime que les banques n'ont pas modifié leur politique prudentielle, qui a toujours obéi en France au double impératif de soutenir les projets logement des ménages et de maîtriser le risque. La baisse de l'activité est donc associée à l'affaiblissement de la demande, en particulier de la catégorie des familles à revenus faibles ou moyens, candidats à la primo-accession pour la plupart. A cela s'ajoute l'évolution du chômage et le climat économique général qui pèsent sur l'envie d'accéder ou d'investir chez beaucoup de Français...

Philippe Taboret s'attend à un effet indirect vertueux de la modération des prix des logements qu'il voit s'accentuer dans ce contexte, en régions et même à Paris. "Elle provoquera sans doute une certaine reprise d'activité mécanique dans les prochains mois", avance-t-il. Mais pour observer une reprise plus durable du marché immobilier, Philippe Taboret, comme la plupart des professionnels du secteur, appelle à restaurer un prêt à taux zéro pour le premier achat des logements existants, "sans quoi l'accession populaire à la propriété disparaîtra purement et simplement, et avec elle le levier de réussite sociale le plus puissant depuis le début du 20ème siècle".

Le (Paris: FR0000072399 - actualité) dirigeant de Cafpi espère également que les pouvoirs publics maintiennent la mission du Crédit Immobilier de France, qui était le spécialiste de l'accession sociale et très sociale, ou incitent les banques généralistes à distribuer bien plus qu'elles ne le font les prêts sécurisés, tel le PAS (prêt d'accession sociale), pour accompagner les ménages modestes dans leurs opérations d'accession à la propriété.