La bourse ferme dans 6 h 45 min
  • CAC 40

    6 809,75
    +70,02 (+1,04 %)
     
  • Euro Stoxx 50

    4 136,72
    +47,14 (+1,15 %)
     
  • Dow Jones

    34 899,34
    -905,06 (-2,53 %)
     
  • EUR/USD

    1,1288
    -0,0032 (-0,28 %)
     
  • Gold future

    1 800,00
    +11,90 (+0,67 %)
     
  • BTC-EUR

    50 482,73
    +1 972,32 (+4,07 %)
     
  • CMC Crypto 200

    1 426,11
    -29,30 (-2,01 %)
     
  • Pétrole WTI

    71,22
    +3,07 (+4,50 %)
     
  • DAX

    15 364,77
    +107,73 (+0,71 %)
     
  • FTSE 100

    7 108,32
    +64,29 (+0,91 %)
     
  • Nasdaq

    15 491,66
    -353,54 (-2,23 %)
     
  • S&P 500

    4 594,62
    -106,84 (-2,27 %)
     
  • Nikkei 225

    28 283,92
    -467,70 (-1,63 %)
     
  • HANG SENG

    23 852,24
    -228,28 (-0,95 %)
     
  • GBP/USD

    1,3343
    +0,0005 (+0,03 %)
     

Hongrie: le conservateur Marki-Zay représentera l'opposition contre Orban en 2022

·4 min de lecture

Outsider de 49 ans, Peter Marki-Zay a remporté ce dimanche 17 octobre la primaire de l'opposition en Hongrie, selon des résultats partiels. Il affrontera le Premier ministre sortant Viktor Orban lors des prochaines législatives de 2022. C'est la première fois dans l'histoire de ce pays d'Europe centrale que l’opposition unie présentera un seul candidat.

C'est l'outsider qu'on n’attendait pas, souligne notre correspondante à Budapest, Florence La Bruyère. Ce catholique pratiquant a obtenu environ 58% des voix, selon la commission électorale des primaires, alors que 60% des bulletins ont été dépouillés.

« Nous voulons une Hongrie nouvelle, plus propre, honnête, pas seulement pour remplacer Orban », a-t-il lancé dans son discours de victoire, en référence au souverainiste au pouvoir depuis 2010. Il a fait l'éloge du processus inédit de la primaire, qui a permis de sélectionner des candidats dans tout le pays, « capables de se débarrasser du système le plus corrompu de l'histoire millénaire de la Hongrie », aux législatives prévues en avril prochain.

La concurrente de Peter Marki-Zay, l'avocate pro-européenne de centre-gauche Klara Dobrev, a récolté 42% des suffrages. « Je soutiens dès à présent Marki-Zay », a-t-elle déclaré en reconnaissant rapidement sa défaite.

Les résultats définitifs doivent être annoncés plus tard dans la soirée. La primaire devait désigner le candidat au poste de chef de gouvernement si l'opposition venait à gagner la majorité lors des législatives, mais aussi à la députation dans chacune des circonscriptions.

Campagne à 10 000 euros sans parti derrière lui

Pour le premier tour, cinq candidats étaient en lice et Peter Marki-Zay avait réussi à obtenir 20% des suffrages. Cet outsider, qui n’a pas de parti politique derrière lui, a mené une campagne discrète, qui n'a dépensé que 10 000 euros, le tout financé de sa poche et soutenu par de nombreux bénévoles.

S'étant présenté comme un candidat anti-élite et anti-corruption, cet ancien électeur du Fidesz, le parti de Viktor Orban, a gagné notamment grâce aux votes des plus jeunes.

Ancien directeur marketing, il avait abandonné le monde des affaires il y a trois ans pour devenir maire indépendant d’une petite ville qui était un bastion du Fidesz. Depuis, Peter Marki-Zay a été réélu à la tête de sa commune, par les électeurs de gauche et de droite.

Candidat « cauchemar pour Viktor Orban »

Peter Marki-Zay est un conservateur, père de sept enfants. Mais contrairement à Viktor Orban, il est profondément européen et se dit libéral. Il a vécu cinq ans aux États-Unis et au Canada et dit ne plus se reconnaître dans la politique du dirigeant, accusé de corruption et d'autoritarisme.

Autant de points qui peuvent compliquer le jeu pour Viktor Orban. Difficile pour le parti au pouvoir d’attaquer un homme de droite, indépendant et intègre. Et si l’opposition reste unie d’ici aux prochaines législatives, Peter Marki-Zay pourrait attirer les votes des indécis et de certains électeurs du Fidesz, et faire tomber le gouvernement actuel.

La victoire de Peter Marki-Zay est « un cauchemar pour Viktor Orban », juge l'analyste Robert Laszlo, cité par l'AFP. À la différence de Klara Dobrev, il ne peut pas être facilement moqué par le Premier ministre comme étant une marionnette de Ferenc Gyurcsany [son mari et ancien Premier ministre]. Il était le vainqueur des primaires le moins souhaité par le Fidesz et semble capable d'attirer de nouveaux électeurs encore indécis. »

Le candidat conservateur était arrivé en troisième position après le premier tour de la primaire, mais a bénéficié du désistement du maire libéral et écologiste de Budapest Gergely Karacsony (27%). Ce dernier a estimé que l'opposition aurait plus de chances de remporter les législatives contre Viktor Orban si Klara Dobrev ne dirigeait pas la coalition. Elle était pourtant arrivée en tête du premier tour fin septembre avec 35% des voix.

Si Klara Dobrev avait comme atout son expérience au Parlement européen, dont elle est vice-présidente, le fait qu'elle soit la femme de l'ancien Premier ministre Ferenc Gyurcsany constituait pour elle un handicap, selon les sondages. Ce dernier est très impopulaire depuis la fuite de conversations privées dans lesquelles il admettait avoir menti sur l'état réel de l'économie du pays : cet État membre de l’Union européenne a frôlé la faillite en 2008.

« Légitimité » avec 10% du corps électoral hongrois mobilisé

Les organisateurs de la primaire l'ont qualifiée de « succès incroyable ». En effet, elle a mobilisé plus de 800 000 électeurs au cours des deux tours, soit près de 10 % du corps électoral de ce pays de 9,8 millions d'habitants.

« Cela fait beaucoup de monde », a estimé auprès de l'AFP lors du dépouillement Marta V. Naszalyi, maire écologiste du premier arrondissement de Budapest. « Cela donne une légitimité, l'opposition aura une chance de changer le gouvernement », a-t-elle ajouté.

Après des années de querelles et une série de défaites, c'est la première fois que l'opposition décide de présenter un front commun. Un mariage de raison, porté par des municipales prometteuses en 2019 et des sondages favorables.

Libérale, écologiste, sociale-démocrate ou issue de l'extrême droite, les formations représentées au Parlement ont signé une déclaration commune, où elles accusent Viktor Orban d'avoir taillé à son avantage la loi électorale pour empêcher l'alternance et se sont engagées sur un programme de gouvernement.

À lire aussi : Hongrie: dernière ligne droite de la primaire d'opposition sur fond de «Tout sauf Orban»

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles