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«Hirak - saison 2»: en Algérie, le Hirak est de retour dans les rues

·2 min de lecture

Quelques jours après avoir fêté le deuxième anniversaire du Hirak, ce mouvement de révolte qui avait permis d'écarter du pouvoir l'ancien président Bouteflika, les manifestants ont repris les rues du pays vendredi après-midi. À Tizi Ouzou, Oran ou Alger, les partisans du mouvement sont revenus scander les slogans anti-militaristes et demander la fin du régime en place.

« Nous sommes pacifistes et les militaires doivent partir du palais présidentiel ! » Voilà, en substance, ce que clamaient les manifestants des rues d’Alger ce vendredi après-midi, de retour dans les rues pour ce nouveau jour de marche du Hirak, après une mise en sommeil depuis mars 2020 en raison de la crise sanitaire. « Il y a cette ambiance de retrouvailles entre les Algériennes et les Algériens et aussi la préservation du caractère civilisé et pacifique du Hirak, nous explique Djalal Mokrani, du Rassemblement Action Jeunesse, joint au téléphone par Victor Mauriat du service Afrique de RFI. Ce n'est qu'une démonstration de la détermination du peuple algérien de continuer son combat pacifique pour arracher ses droits ».

Demande de liberté et de démocratie ou fin du régime militaire, les revendications restent les mêmes, mais en toile de fond la crise économique se fait sentir. Elle a aussi poussé les gens dans la rue, selon la journaliste et militante Tinhinane Makaci : « Les gens commencent vraiment à ressentir la crise économique, de plus en plus de gens en parlent même s'il n'y a pas de slogans (avançant) des revendications socio-économiques... les slogans restent sur des revendications politiques. »

« Les mêmes visages et les mêmes revendications »

Les Algériens ont marché à Alger, mais également à Bejaïa et Tizi Ouzou, en Kabylie (nord-est), à Bordj Bou Arreridj (est) et à Oran et Tlemcen (nord-ouest). Des barrages de police avaient été érigés aux portes de la capitale et si le dispositif policier était, selon les manifestants, moins impressionnant que lundi dernier, jour anniversaire du début du Hirak, les forces de l'ordre ont utilisé matraques et gaz lacrymogènes pour empêcher les manifestants de rejoindre la Grande Poste à Alger, lieu emblématique des rassemblements anti-régime.

Selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), plus de 500 interpellations ont eu lieu à travers le pays dont 120 dans la ville d’Oran. La plupart des personnes arrêtées ont été relâchées en fin de journée.

Pour la société civile, cette journée est une réussite. Avec l'interdiction de manifester en raison du Covid-19, nous explique le vice-président de la Ligue algérienne des droits de l'homme, le pouvoir espérait que le Hirak allait disparaître. Il n'en est rien, ajoute Saïd Salhi : « c'est comme si le temps s'était arrêté en mars 2020 pour mieux repartir ce vendredi avec les même visages et les mêmes revendications et la même détermination ».

À écouter aussi : Hirak en Algérie: deux ans de contestation