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Haïti: pénurie de carburant à cause des bandes armées

·2 min de lecture

Les bandes armées contrôlent les accès aux trois seuls terminaux pétroliers du pays, tous situés dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Haïti subit donc une pénurie prolongée de carburants. Pour protester contre la situation, des groupes de chauffeurs de motos-taxis ont multiplié les barricades dans la capitale ce jeudi 21 octobre.

De notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

Ces dernières années, les stations-essence ont poussé comme des champignons à travers Port-au-Prince. Mais ce vendredi 22 octobre, toutes sont fermées et quand à de rares occasions et pour juste quelques heures une pompe distribue du carburant, c’est la cohue.

Pour dénoncer la situation qui empire à cause de l'insécurité, des chauffeurs de motos-taxis ont monté des barricades jeudi dans la capitale. L’un des manifestants, en colère, estime que cette lutte pour avoir de quoi travailler affecte davantage la majorité pauvre, noire, que l’élite haïtienne : « On ne voit jamais un mulâtre sous les pompes. Les métis ne souffrent pas en Haïti : ils sont chez eux, ils ont internet, des panneaux solaires et tous les trucs », dénonce-t-il.

« Mais et pour nous de la race noire ? Qu’est ce qui va changer ? lance-t-il. En contrebande, on achète aujourd'hui la gazoline entre 1 000 et 1 500 gourdes le gallon au lieu de 201 gourdes ! Est-ce qu’un peuple peut vivre comme ça ? Quel est l’avenir pour mon enfant et ceux de chaque noir qui est ici ? Il n’y a pas de système éducatif qui fonctionne dans le pays. On va à l’école et on n’a jamais de travail. »

« Les gens ont besoin d’essence pour fonctionner »

À quelques mètres, et alors que les manifestants bloquaient une voiture privée qui s’était risquée à prendre les rues, un étudiant s’interroge sur le travail de la police et l’absence de politique de promotion des énergies renouvelables en Haïti : « Les gens ont besoin d’essence pour fonctionner, aujourd’hui on ne peut pas. Pourquoi ils n’escortent pas les camions citernes pour que toutes les stations soient approvisionnées, que les gangs ne volent pas l’essence ? »

« En Haïti, on n’a pas d’électricité, on a besoin du carburant pour faire fonctionner les génératrices et avoir un peu d’énergie. Ici on a plein de soleil mais les panneaux solaires sont hors de prix. L’État devrait subventionner les panneaux pour qu’on puisse tous en avoir un chez nous, pour qu’on puisse au moins recharger nos téléphones. Ils n’ont jamais fait ça. C’est de la stupidité ! »

« Beaucoup d’entre nous sont au bord de la faillite »

Si les consommateurs se plaignent de la pénurie, les distributeurs sont tout aussi à la peine. « Il faut établir clairement un couloir de sécurité, il faut une présence continue, soutenue et musclée, de la police. Non pas un jour sur deux, mais tous les jours, pour pouvoir sécuriser les zones des terminaux pétroliers et le circuit du pétrole », déclare David Turnier, président de l’association des distributeurs de produits pétroliers en Haïti. Lui aussi prêche pour une action des forces de l’ordre.

Faute d’avoir du carburant à vendre dans leurs stations, il assure que la perte est totale pour les distributeurs. « On a dû faire des compressions et réduire le staff, fermer, même, renvoyer nos employés, ajoute-t-il. Parce qu’on arrive à peine à travailler dix jours par mois, sinon moins. Ça ne nous arrange pas du tout cette situation. Au contraire, beaucoup d’entre nous sont au bord de la faillite. »

Et David Turnier fulmine face aux annonces a minima des autorités concernant les dernières commandes de carburants qu’elles ont passé : « La première chose qu’il faut avoir, c’est la disponibilité du produit en quantité. Et attends… Là, maintenant, on s’amuse à dire qu’il y a des produits au terminal, mais qu’est-ce qu’on a reçu dimanche ? On a reçu 30 000 barils de diesel et 17 000 barils de gazoline ! Ça, c’est à peine trois jours de consommation ! Donc on parle de quoi ? On se fout de la gueule du monde ! Ce n’est rien du tout ! Ce n’est rien ! C’est deux à trois jours de consommation ! Ce n’est rien ! »

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