La bourse est fermée

Guerre des générations à la SNCF : "Avec cette réforme, des collègues vont partager la même pénibilité, mais plus les mêmes perspectives"

Agent de mouvement dès 1984, puis chef de gare chargé du suivi de travaux après avoir passé le concours de maîtrise maison, Christophe Buffard s’est épanoui à la SNCF. Basé à Melun (Seine-et-Marne), ce cadre mandaté par ses collègues a voté à main levée la poursuite de la grève, dans une atmosphère dopée par la démission attendue de Jean-Paul Delevoye, l’ex-commissaire aux retraites. A Marianne, ce délégué UNSA-Ferroviaire explique pourquoi les cheminots refusent que leurs collectifs de travail soient divisés selon leurs générations, par le basculement de 50.000 cheminots d'entre eux, nés après 1980, dans le futur régime universel des retraites.

Marianne : En Assemblée générale, les syndicats présents gare de Lyon, - CGT, Solidaires, UNSA - ont reconduit ce lundi 16 décembre la grève, en espérant une mobilisation massive ce mardi dans les manifestations. En 2018, bien qu'opposée à la suppression du statut cheminot au 1er janvier 2020, l'UNSA avait proposé des amendements à cette loi. Pourquoi cette fois-ci, contre le projet de réforme universel de la retraite par points, la tension est-elle aussi forte dans vos rangs et la négociation de sortie de grèves aussi difficile ?

Christophe Buffard: Pour le comprendre, laissez moi d'abord vous rappeler à quel point les réformes qui se succèdent année après année assomment les cheminots. Détaillons par exemple mon parcours.


Lire la suite