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Guerre d'Algérie: la France reconnaît la torture et l'assassinat du militant Ali Boumendjel

·2 min de lecture

Emmanuel Macron a reconnu ce mardi 2 mars que l'avocat et dirigeant nationaliste Ali Boumendjel a été « torturé et assassiné » par l'armée française pendant la guerre d'Algérie en 1957.

Soixante-quatre ans après la mort du militant politique Ali Boumendjel, le président Emmanuel Macron a reconnu ce mardi la responsabilité de la France. Son meurtre avait à l'époque été maquillé en suicide. Le mois dernier, la nièce d'Ali Boumendjel, Fadela Boumendjel-Chitour, avait dénoncé un « mensonge de l'État qui fut dévastateur ».

« Au cœur de la Bataille d'Alger, il fut arrêté par l'armée française, placé au secret, torturé, puis assassiné le 23 mars 1957 », détaille l'Élysée dans un communiqué. En 2000, Paul Aussaresses, ancien responsable des services de renseignement à Alger, « avoua lui-même avoir ordonné à l'un de ses subordonnés de le tuer et de maquiller le crime en suicide ».

Apaisement

Cette reconnaissance, que le président français a lui-même annoncée aux petits-enfants d'Ali Boumendjel en les recevant mardi, fait partie des gestes d'apaisement recommandés par l'historien Benjamin Stora dans son rapport sur la colonisation et la guerre d'Algérie, afin de résoudre les tensions entre les deux pays autour de la mémoire de ce conflit.

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Spécialiste reconnu de l'histoire contemporaine de l'Algérie, Benjamin Stora avait été chargé en juillet par Emmanuel Macron de « dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie ».

Son rapport, remis le 20 janvier, a soulevé de vives critiques, aussi bien en Algérie qu'en France, notamment pour ne pas avoir préconisé des « excuses » de Paris pour les crimes de la période coloniale (1830-1962).

« Connaître la vérité »

Aux petits-enfants d'Ali Boumendjel, Emmanuel Macron a également dit « sa volonté de poursuivre le travail engagé depuis plusieurs années pour recueillir les témoignages encourager le travail des historiens par l'ouverture des archives, afin de donner à toutes les familles des disparus, des deux côtés de la Méditerranée, les moyens de connaître la vérité ».

Ce geste « n'est pas un acte isolé », promet le président dans ce communiqué. « Aucun crime, aucune atrocité commise par quiconque pendant la Guerre d'Algérie ne peut être excusé ni occulté ». « Ce travail sera prolongé et approfondi au cours des prochains mois, afin que nous puissions avancer vers l'apaisement et la réconciliation », conclut le communiqué, qui plaide pour « regarder l'Histoire en face, reconnaître la vérité des faits » pour « la réconciliation des mémoires ».

(Avec AFP)