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Grève du contrôle aérien, une spécialité française

Par Thierry Vigoureux

Appartenant à la fonction publique, les contrôleurs aériens ne relèvent pas de la loi Diard.

À la veille de chaque mouvement, une partie de poker menteur s'engage entre l'administration et les syndicats en vue de réduire ou non le trafic aérien.


Appartenant à la fonction publique, les contrôleurs aériens ne relèvent pas de la loi Diard. Celle-ci demande aux grévistes de se déclarer 48 heures à l'avance, ce qui permet aux entreprises d'établir des plannings et d'en informer, au moins la veille, les clients. Dans le cas du transport aérien, le programme des vols maintenus privilégie souvent les long-courriers aux rotations complexes à reconstruire. Les vols domestiques et européens sont plus faciles à relancer après le blocage de la machine.

En revanche, les aiguilleurs du ciel, garants de la continuité du service public, sont astreints au service minimum. Celui-ci sera instauré, ou non, à la demande de leur administration qui devra alors limiter le trafic au prorata. Pour apprécier de son opportunité, la direction des services de la navigation aérienne (DSNA) ne dispose que des préavis de grève et de la fine connaissance des options syndicales de leurs troupes par les chefs de centres de contrôle et les chefs de tours. Une certaine dissymétrie peut exister entre la prévision et le mouvement. Un abattement de trafic de 30 à 40 % a pu être demandé aux compagnies aériennes alors que tous les contrôleurs, même les supposés grévistes, sont présents devant leurs écrans presque vides… La perturbation dans le ciel est maximale et les pertes de salaire des aiguilleurs inexistantes. On comprend mieux pourquoi 254 jours de grève des contrôleurs aériens de 2004 à 2016 font de la France le leader européen loin devant la Grèce avec 46 jours de grève sur la même période, selon le rapport du sénateur centriste Vincent Capo-Canellas.

Non concernés par la fin des régimes spéciaux

« Les contrôleurs aériens ne sont pas concernés par la fin des régimes spéciaux, car leur pension dépend du régime général de la fonction publique. À ce stade, les contrôleurs (...)

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