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Grève de certains éboueurs à Marseille: l'entreprise rejette leurs demandes

·2 min de lecture
Des monceaux d'ordures dans des rues de Marseille, en raison d'une grève du ramassage, le 23 décembre 2020

L'entreprise Polyceo, filiale du groupe Derichebourg, dont les éboueurs ont cessé le travail depuis une semaine à Marseille, a rejeté jeudi les demandes des grévistes, dénonçant la "volonté de certains salariés de ne pas se soumettre à certaines règles".

Depuis une semaine, les quelque 200 employés de la société chargée du ramassage des ordures et de la propreté dans les 2e, 15e et 16e arrondissements de Marseille sont en grève.

Plus de 550 tonnes de déchets n'ont pas été collectées dans ces zones, selon la Métropole Aix-Marseille-Provence. Dans le quartier historique du Panier, au centre-ville, les sacs poubelles s'amoncellent, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les grévistes demandent la mutation du directeur local du site marseillais et de son adjoint qu'ils accusent de "harcèlement", selon plusieurs salariés et les représentants syndicaux de Force ouvrière (FO).

"Il y a plusieurs choses à dire autour de ce motif de vouloir sortir la direction locale de Polyceo, c'est en réalité lié au fait que localement, un certain nombre de ces salariés ne souhaitent pas être soumis au règles d'une entreprise normale", a déclaré à l'AFP Emmanuel Brun, directeur général de Poly-Environnement, maison mère de Polyceo.

"On a des interventions extérieures à l'entreprise; on a bien vu pendant ce mouvement qu'un certain nombre de ceux qui sont dans les piquets de grève n'appartiennent pas à l'entreprise", a-t-il affirmé sans vouloir préciser qui sont ces personnes extérieures.

"La direction d'entreprise ne changera pas parce qu'elle travaille de manière normale", a martelé M. Brun.

Il a regretté que les salariés aient rejeté des propositions faites ces jours derniers par la direction dans lesquelles elle s'engageait à "réviser le règlement intérieur et à remettre à zéro les dossiers disciplinaires".

"Je lis des déclarations selon lesquelles il y aurait eu 40 licenciements mais il n'y a eu que deux licenciements pour faute depuis 2017", a-t-il affirmé.

"On ne peut pas reprendre avec une direction avec laquelle on travaille avec la peur au ventre d'être licencié", a insisté jeudi un délégué syndical FO du site marseillais de l'entreprise, Lionel Martini.

"Cette grève, ce n'est pas une histoire d'argent, c'est pour qu'il y ait une attitude juste, que la direction tienne ses engagements notamment sur l'embauche de certains intérimaires et qu'il y ait un climat de travail serein", a-t-il ajouté.

iw/pr/sp