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Le gouvernement veut "nationaliser" : attention au bluff

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D’aucuns voient venir le temps d’un autre « En même temps ». Celui de 2017 consistait en l’union des deux centres, celui de la droite libérale et celui de la gauche sociale-démocrate. Un « en même temps » centripète avec, en son milieu, un irrésistible aimant capable d’attirer la bourgeoisie des deux bords, lénifiée par des décennies de pensée unique. Celui de 2020, sous la fièvre conjuguée des gilets jaunes et du coronavirus, promettrait d’agir à la façon d’une centrifugeuse. Une force inverse capable de déployer ses effets jusqu’à la périphérie, de séduire en fait les « deux marges » : la « veille » gauche (jacobine) et les gaullistes classiques (bonapartiste). Conjugués, ces deux « en même temps » assureraient la réélection d’Emmanuel Macron. Les tenants de cette thèse, véritable martingale politique, avancent un seul argument ou – mieux – un seul mot pour prouver la métamorphose macronienne : nationalisation. Tout un symbole.

Le Premier ministre Edouard Philippe entend bien y recourir pour voler au secours de la compagnie Air France – KLM, en bute à de graves difficultés. Celui de l’Economie, Bruno Le Maire – pourtant accroché aux « grands équilibres » comme une moule à son rocher – franchirait volontiers le Rubicon capitalistique pour garder les fleurons tricolores sur le sol national comme Renault ou PSA. Comprendre : cette fois, en ces «

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