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Gisèle Halimi au Panthéon ? L'exécutif dit continuer à réfléchir

·2 min de lecture
L'avocate Gisèle Halimi, en compagnie de l'actrice Delphine Seyrig, 11 octobre 1972 à Bobigny, lors du procès de Marie-Claire Chevalier, poursuivie pour avoir avorté. AFP PHOTO MICHEL CLEMENT

La réflexion est toujours "en cours" à l'Elysée sur une éventuelle entrée au Panthéon de l'avocate féministe Gisèle Halimi, a indiqué vendredi à l'AFP une source proche de l'exécutif, insistant sur la nécessité de "consulter" de "nombreuses parties prenantes".

Jeudi, France Inter avait affirmé que le président Emmanuel Macron allait probablement renoncer à cette panthéonisation, notamment parce que l'engagement de l'avocate contre la guerre d'Algérie et pour l'indépendance de ce pays pouvait "cliver" et que la décision pourrait être considérée comme une "insulte" par certaines associations de pieds-noirs et de harkis.

"La réflexion est en cours. C'est une décision qui exige que de nombreuses parties prenantes soient consultées. Auprès des acteurs, témoins ou dépositaires de tous les combats où Gisèle Halimi s'est engagée", a commenté vendredi une source proche de l'exécutif.

Sollicitée par l'AFP, la ministre chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno, a rappelé de son côté qu'elle "militait" pour l'entrée au Panthéon de Gisèle Halimi, cette "rebelle obstinée (...) qui a marqué l'histoire du féminisme et de notre pays".

"Je reste déterminée dans cet objectif, même si je sais que les processus de panthéonisation peuvent être longs et complexes car ils nécessitent dialogue et consensus", a encore commenté Mme Moreno.

Dans son rapport sur la colonisation et la guerre d'Algérie (1954-1962), remis en janvier à Emmanuel Macron, l'historien Benjamin Stora avait préconisé la panthéonisation de Gisèle Halimi, décédée en juillet dernier à 93 ans. Cet honneur national est également réclamé par de nombreux militants féministes et de gauche.

A l'inverse, un collectif de femmes et de filles de harkis, auxiliaires de l'armée française lors de la guerre d'Algérie, s'est dit opposé à cette éventualité.

Depuis jeudi, plusieurs personnalités de gauche, à l'image du sénateur socialiste Rachid Temal, se sont émues sur Twitter à l'idée que le président de la République renonce à l'idée d'une panthéonisation.

"Ce sont aussi ses positions humanistes sur l'Algérie qui légitiment l'entrée de Gisèle Halimi au Panthéon", a ainsi jugé la députée LFI et candidate aux régionales en Île-de-France Clémentine Autain. Pour Bastian Lachaud, également député LFI, un renoncement d'Emmanuel Macron serait une "honte". "En faisant son métier d'avocate, et en dénonçant la torture", Gisèle Halimi "sauvait justement l'honneur de la France", a-t-il estimé.

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