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Génocide au Rwanda: un homme soupçonné d'être impliqué mis en examen à Paris

·3 min de lecture

Né au Rwanda en 1949, l'homme a été mis en examen jeudi par un juge d'instruction parisien pour "génocide"et "crimes contre l'humanité".

Un homme né au Rwanda en 1949, soupçonné d'être impliqué dans le génocide des Tutsi, a été mis en examen jeudi par un juge d'instruction parisien notamment pour "génocide" et "crimes contre l'humanité", a indiqué le parquet national antiterroriste (PNAT).

Visé par une information judiciaire ouverte en 2009, Isaak Kamali a été placé sous contrôle judiciaire. 

Selon le communiqué du PNAT, qui confirme une information du Parisien, il lui est reproché "son implication dans le génocide des Tutsi commis en 1994 au Rwanda, notamment sur le ressort de la préfecture de Gitarama". Contacté par nos confrères de l'AFP, son avocat n'a pas souhaité faire de commentaires.

"Une surprise"

Selon le PNAT, qui suit aussi les dossiers de crimes contre l'humanité, il a contesté les faits qui lui sont reprochés lors de son interrogatoire de première comparution devant le juge d'instruction.

Le septuagénaire, naturalisé français, réside près de Troyes (Aube), a-t-on appris de source proche du dossier. 

"C'est une surprise tellement le dossier est ancien", a réagi Alain Gauthier, cofondateur du Collectif des parties civiles du Rwanda (CPCR), qui avait porté plainte en février 2009 contre lui. "Est-ce que suite aux promesses d'Emmanuel Macron" de poursuivre les génocidaires réfugiés en France, "les choses vont s'accélérer ?", s'est-il interrogé. "Nous ne pouvons que nous réjouir de cette nouvelle, même si nous sommes loin de la cour d'assises".

Isaac Kamali avait été condamné par contumace en 2003 par un tribunal rwandais à la peine de mort, mais cette peine a ensuite été "anéantie" en raison de changements dans la loi rwandaise, selon la plainte de la CPCR. Il est toutefois ensuite resté dans le viseur de la justice rwandaise.

Ouverture d'une information judiciaire en 2009

En 2008, il avait été arrêté à l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle alors qu'il rentrait des Etats-Unis et Kigali avait réclamé son extradition, une demande rejetée par la justice française, comme elle l'a fait pour tous les suspects de participation au génocide réclamés par le Rwanda.

Une information judiciaire avait été ouverte en 2009 à Paris après la plainte du CPCR.

Selon le PNAT, plusieurs commissions rogatoires ont été adressées au Rwanda, au Mali et au Bénin dans le cadre de cette enquête. Les investigations, menées par l'Office de lutte contre les crimes contre l'humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCH), ont donné lieu à plusieurs déplacements au Rwanda.

Dans sa plainte, le CPCR accusait cet ancien fonctionnaire, qui a notamment travaillé au ministère rwandais des Transports, d'avoir participé à des meurtres, pillages et destructions de biens de Tutsi et lancé des appels à commettre différents crimes lors de meetings.

Plus de 800.000 morts dans ce génocide

Le génocide a fait plus de 800.000 morts selon l'ONU, essentiellement des Tutsi exterminés entre avril et juillet 1994.

A ce jour, deux procès liés au génocide au Rwanda ont débouché en France sur les condamnations définitives de trois hommes.

Deux autres hommes doivent bientôt être jugés: Claude Muhayimana, un ancien chauffeur d'hôtel franco-rwandais accusé d'avoir transporté des miliciens, doit comparaître du 22 novembre au 17 décembre tandis qu'un ex-préfet, Laurent Bucyibaruta, sera lui jugé à partir de mai 2022.

Article original publié sur BFMTV.com

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