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Les freelances sont des pollinisateurs

Demain, tous freelances ? Sans doute pas. Mais l’explosion du nombre de travailleurs indépendants dans le monde aura un effet positif sur la façon de travailler. C’est la conclusion de Samuel Durand et de Thuy-Khanh Nguyen, étudiants à l’EM Grenoble, à l’issue de leur voyage d’études*. Le salariat à la papa a-t-il vraiment dit son dernier mot ?

Management : Quel était l’objectif de votre voyage ?

Samuel Durand : Nous voulions comprendre le fonctionnement de ce qu’on appelle la talent economy, c’est-à-dire le recours de plus en plus systématique des entreprises aux free-lances. Aujourd’hui, près de 40% des effectifs ne sont plus salariés. Aux Etats-Unis, on prévoit 50% de free-lances en 2030. Cette croissance est portée par l’obsolescence de plus en plus rapide des compétences, en particulier dans la tech. Il devient difficile d’établir des plans de recrutement à trois ou cinq ans. En France, le nombre de free-lances a crû de 126% en dix ans, pour atteindre environ 1 million de personnes. Et nous avons recensé de 200 à 300 start-up qui proposent aujourd’hui des services aux free-lances : prêts bancaires, assurances, mutuelles… L’ecosystème se met en place.

La croissance du nombre de free-lances, c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

Il faut faire une distinction entre la gig economy et la talent economy. Dans la première, les emplois sont précaires, car la différenciation se fait par le prix des services. Comme on trouve toujours moins cher, les situations se dégradent. Les revenus des chauffeurs Uber ne cessent de diminuer alors que la demande augmente. La talent economy, c’est autre chose. Les free-lances que nous avons rencontrés, aux Etats-Unis, aux Pays-Bas ou en Angleterre, sont des experts de haut niveau. Ils ont choisi leur statut et leur métier, très souvent par rejet du salariat classique. Ils sont en quête de sens dans leur travail, d’un meilleur équilibre de vie.

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