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France: le Sénat réclame la reconnaissance de la république du Haut-Karabakh

·2 min de lecture

Le Sénat a demandé au gouvernement français, dans un texte voté ce mercredi 25 novembre, « la reconnaissance de la République du Haut-Karabakh ». La région séparatiste d'Azerbaïdjan à majorité arménienne est touchée par un conflit meurtrier cet automne.

Le Sénat a adopté une résolution non-contraignante pour la reconnaissance de la république du Haut-Karabakh ce mercredi 25 novembre, par une large majorité avec 305 voix pour et une contre.

Les sénateurs demandent également une enquête internationale sur « les crimes de guerre » commis dans cette région séparatiste d'Azerbaïdjan à majorité arménienne, et une aide humanitaire pour les populations civiles.

Cette reconnaissance « n'est pas seulement un symbole, c'est un devoir », a souligné Patrick Kanner, président du groupe PS au Sénat, alors que le président de la commission des Affaires étrangères Christian Cambon (LR) y a vu un symbole de « l'amitié et de la solidarité » de la France avec le peuple arménien.

Le gouvernement opposé à une « reconnaissance unilatérale »

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a salué une « décision historique ». Le ministère des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan a en revanche dénoncé une « provocation, menée par un groupe de sénateurs ouvertement pro-arméniens ».

Mais le gouvernement français est contre cette résolution. Pour Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, reconnaître l'indépendance du Haut-Karabakh est en effet contre-productif.

« Aujourd'hui, la reconnaissance par la France du Haut-Karabakh nous ferait perdre, à n'en pas douter, toute capacité d'influence sur ce pays, a déclaré le ministre. Et nous ne serions plus d'aucun secours pour ceux-là même auxquels vous voulez porter secours et qui nous demandent de rester impliqué dans ce dossier. Soyons clairs : la reconnaissance unilatérale par la France de l'indépendance du Haut-Karabakh ne serait aujourd'hui à l'avantage de personne, ni de l'Arménie, ni des habitants du Haut-Karabakh, ni de la France, ni des autres co-présidents du groupe de Minsk, ni des Européens. »

« Ce n'est pas la politique du gouvernement, ce n'est pas celle de l'Arménie, a ajouté Jean-Baptiste Lemoyne. Ce n'est pas celle de nos partenaires. Et la solution au conflit du Haut-Karabakh ne viendra pas d'un geste unilatéral, fût-il français, mais du dialogue entre les parties. Et aujourd'hui, plus que jamais, les parties ont besoin de l'appui des co-présidents pour poursuivre ce dialogue ».

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