France : la presse étrangère salue l'accord sur l'emploi...

Une fois n'est pas coutume ! La France, souvent critiquée ces derniers temps pour son manque de réformes structurelles, se voit saluer depuis vendredi au sujet de l'accord sur la flexibilité et la sécurisation du travail conclu in extremis entre le patronat et trois syndicats sur cinq (hors CGT et FO). Cet accord prévoit des droits supplémentaires pour les salariés (mutuelle santé pour tous, taxe sur les CDD...) en échange de davantage de flexibilité (plan sociaux facilités, temps de travail et rémunérations adaptées en cas de crise...)

En Allemagne, le 'Spiegel' y voit une première étape vers un "Agenda 2020" inspiré du modèle des réformes Schröder en Allemagne, alors que le 'Handelsblatt' se félicite que "la France commence enfin ses réformes structurelles"... Pour le journal, ce compromis est un "grand succès" et ce, "non seulement pour l'économie française mais aussi pour le gouvernement". Il salue tout particulièrement les mesures qui permettront aux entreprises de jouer sur la durée du travail ou les rémunérations pendant une durée de deux ans en cas de difficultés, une réforme qui ressemble au 'Kurzarbeit', sorte de chômage mis en place en Allemagne.

Pour sa part, le quotidien conservateur 'Die Zeit' relève que François Hollande a choisi se "suivre le modèle allemand" en réunissant syndicats et patronat autour d'une table. Mais, le journal critique FO et la CGT, qui n'ont pas été assez "mûrs" pour signer cet accord...

Du côté anglo-saxon, le journal américain 'Wall Street Journal' estime que "les employeurs français gagnent une nouvelle flexibilité du travail", mais souligne aussi qu'"il n'est pas certain que l'accord crée des emplois à court terme, alors que la croissance en France est tombée à pratiquement zéro l'année passée"... Pour sa part, le britannique 'Financial Times' considère aussi que la France a choisi la voie de la "flexisécurité à l'Allemande" et que l'accord conclu constitue une "percée" de nature à apporter "un soutien aux efforts du président François Hollande pour revitaliser une économie à la peine".