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France : la nouvelle tribune de militaires, une "machination politique" selon Florence Parly

·4 min de lecture

Le gouvernement et l'armée française ont vivement critiqué, lundi, la nouvelle tribune de militaires publiée la veille au soir par l'hebdomadaire conservateur Valeurs actuelles. Le texte accuse les principales autorités du pays de lâcheté face à une prétendue menace islamiste et met en garde sur le risque d'une "guerre civile" en France.

La ministre des Armées, Florence Parly, a dénoncé, lundi 10 mai, une "grossière machination politique" après la parution d'une nouvelle tribune de militaires, en activité mais anonymes, évoquant le risque d'une "guerre civile" en France.

"Elle relève d'une grossière machination politique d'abord parce que ce matin, un simple lecteur qui lisait cette tribune (sur Valeurs actuelles) était comptabilisé comme un signataire, anonyme naturellement", a déclaré Florence Parly sur BFMTV. "Et puis vous aurez certainement constaté que cette tribune utilise toute la rhétorique, le vocabulaire, le ton, les références qui sont celles de l'extrême droite", a-t-elle ajouté.

"Alors dans quel but ? Certainement le but de diviser, de fracturer notre nation à un moment où celle-ci plus que jamais a besoin de se réunir, de se retrouver", a poursuivi la ministre. "Nous venons de passer une crise sanitaire très difficile. Rien n'est pire que de vouloir abîmer les valeurs de la République."

Ce texte apparaît moins de trois semaines après la publication controversée d'une première tribune de militaires dont une majorité sont à la retraite et dont certains signataires sont menacés de sanctions, dénonçant le "délitement" de la France et se disant prêts à "soutenir les politiques" qui le combattront.

Cette fois, ceux qui se présentent comme des militaires "récemment entrés dans la carrière" et dont certains ont "connu le feu ennemi" au Mali, en Afghanistan ou en Centrafrique, ne font aucun appel à des politiques mais dénoncent également ce qu'ils perçoivent comme "la guerre civile qui couve".

"Ce qui abîme notre République, c'est aussi de s'en prendre à nos armées, à leur neutralité", a jugé Florence Parly. "La neutralité de nos armées, c'est ce qui fait que les Français ont confiance dans leurs militaires (..), c'est un élément de cohésion nationale."

"L'apolitisme fait notre crédibilité"

Les deux tribunes, assez proches de l'argumentaire développé par le Rassemblement national (RN), ont été accueillies froidement au sein de l'état-major des armées.

"Un rappel ferme sera fait par le commandement sur le respect du devoir de réserve" car "l'apolitisme fait notre crédibilité et la cohésion est ce qui fait notre force", a déclaré lundi à l'AFP un haut gradé de l'état-major. "Les armées sont apolitiques et d'une fidélité absolue au président élu (...). Si on a des états d'âme, il faut quitter l'armée en conscience."

Pour le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et la majorité, aucun doute : c'est une "grossière manœuvre" à l'approche des élections régionales et présidentielle. Les auteurs sont accusés de "faire de la politique".

"Qui a intérêt à fragiliser l'institution militaire et à mélanger le militaire et le politique ? Le RN", a abondé Françoise Dumas, députée LREM et présidente de la commission de la défense et des forces armées à l'Assemblée nationale.

De son côté, la cheffe du RN et candidate à l'Élysée, Marine Le Pen, estime qu'il y a bel et bien un "risque de guerre civile" qui "couve" dans le pays, a-t-elle affirmé, reprenant les mêmes termes que la deuxième tribune, et invitant ses signataires à la rejoindre, comme pour la première tribune.

Appel à assurer la "survie du pays"

Le nouveau texte dénonce notamment "le chaos et la violence" qui frapperaient le pays, les signataires appelant le président de la République, les ministres, parlementaires et officiers généraux à assurer la "survie du pays".

"Si une guerre civile éclate, l'armée maintiendra l'ordre sur son propre sol, parce qu'on le lui demandera", insistent le ou les auteurs de cette tribune, qui avait recueilli vers 17 h plus de 163 000 signatures.

Après la parution de la première tribune le 21 avril, le Premier ministre, Jean Castex, avait dénoncé une initiative "contraire à tous nos principes républicains" et accusé le RN, qui avait appelé les signataires à soutenir son action, de "récupération politique".

Mais une partie de la droite a renouvelé lundi son soutien à la nouvelle tribune, dont le diagnostic est jugé "parfaitement exact" et "nourri par une expérience de terrain", selon l'eurodéputé LR François-Xavier Bellamy.

Il s'agit d'"un signal d'alarme sérieux", a estimé le député LR du Vaucluse Julien Aubert, précisant qu'"au lieu de chercher à sanctionner, il faut que le gouvernement tienne un discours de lucidité sur l'état du pays".

À gauche, l'ancien président socialiste François Hollande a questionné "la déontologie" de la tribune. "Comment peut-on laisser penser que l'armée aujourd'hui serait animée par de tels sentiments et par une volonté de mettre en cause les principes mêmes de la République ?"

Quant au candidat de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon, ces "militaires d'active qui veulent signer une tribune de manière anonyme" sont "factieux et lâches". Il a promis, s'il est élu en 2022, de "purger l'armée de ses membres factieux".

Avec AFP