La bourse ferme dans 2 h 26 min

Le FMI veut à nouveau prêter à l'Ukraine

Christophe VOGT
1 / 3
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'exprime devant des soldats dans la région de Donetsk, sur une photo transmise par la présidence le 6 décembre 2019

Washington (AFP) - Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé samedi avoir trouvé un accord de principe avec l'Ukraine en vue d'un prêt d'environ 5,5 milliards de dollars, après de longues semaines de négociations, et pour aider une économie en difficulté.

Le prêt, prévu sur trois ans, doit encore être approuvé par la direction et les Etats membres du FMI.

Il dépend également de "la mise en oeuvre d'un ensemble d'actions préalables", dont le renforcement de l'indépendance de la justice et la lutte contre la corruption, a indiqué dans un communiqué la directrice générale du Fonds, Kristalina Georgieva, à l'issue d'une conversation téléphonique avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

"Le président et moi sommes convenus que la réussite économique de l'Ukraine dépend de manière cruciale du renforcement de l'Etat de droit et de l'intégrité du pouvoir judiciaire, et de la réduction des intérêts personnels dans l'économie", a-t-elle expliqué.

"Il est essentiel de sauver les progrès réalisés dans l'assainissement du système bancaire et de recouvrer les coûts élevés pour les contribuables des restructurations de banques", a-t-elle ajouté.

Mme Georgieva a délivré un satisfecit au chef de l'Etat élu en avril, saluant les "progrès impressionnants que lui et son gouvernement ont effectués ces derniers mois pour faire avancer les réformes et poursuivre des politiques économiques saines".

- Dans la tourmente américaine -

M. Zelensky a été élu avec la promesse de combattre la corruption, alors que les Occidentaux pressent Kiev de réduire l'influence de son oligarchie.

Le pays s'est retrouvé sous le feu des projecteurs et mêlé contre son gré à la tourmente politique qui agite les Etats-Unis, avec la procédure de destitution lancée par l'oppositin démocrate contre Donald Trump.

Ils accusent le président américain d'avoir exercé des pressions sur son homologue ukrainien, en gelant une aide militaire cruciale pour Kiev dans sa guerre contre les séparatistes prorusses dans l'est du pays, afin qu'il enquête sur les activités en Ukraine du fils du candidat démocrate à l'élection présidentielle, Joe Biden.

M. Trump, qui brigue un second mandat en novembre 2020, dément avec force, et la majorité que détient le parti du président au Sénat devrait permettre de bloquer le processus.

Le prêt du FMI succéderait à un autre de 3,9 milliards de dollars, accordé en décembre 2018, et dont un seul versement de 1,4 milliard a pu être effectué.

- Economie de guerre -

Mi-novembre, le Parlement ukrainien a adopté un budget 2020 qui prévoit un montant record de dépenses militaires, alors que le président Zelensky s'empresse à mettre fin à la guerre.

Les députés ont ainsi approuvé une hausse de 16% de dépenses pour la défense et la sécurité nationale, à environ 10 milliards de dollars, soit 5,45% du produit intérieur brut.

Selon le Premier ministre Oleksiï Gontcharouk, la priorité sera l'achat d'armement et de matériel pour combattre les séparatistes.

Soutenus par Moscou, les rebelles contrôlent une partie des régions orientales de l'Ukraine depuis le déclenchement du conflit qui a fait près de 13.000 morts en cinq ans.

M. Zelensky, qui était comédien jusqu'à son élection à la présidence, s'est fixé comme objectif de trouver une issue rapide à cette guerre.

Ces hostilités dans l'Est industriel, précédées de l'annexion par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014, ont lourdement pesé sur toute l'économie.

Cette ex-république soviétique, dont l'armée se trouvait dans un état lamentable au début du conflit, dépend fortement de l'aide militaire occidentale, notamment américaine.

Le budget ukrainien pour l'année prochaine table sur une croissance économique de 3,7% et un taux d'inflation de 6%. Il prévoit un déficit à 2,09% du PIB, conformément aux exigences du FMI).

Le pays devra dépenser environ 15 milliards de dollars l'année prochaine pour rembourser sa dette publique.