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Fin programmée du prêt à taux zéro : l'aberrante intention du gouvernement

Bien sûr, Monsieur Emmanuel Macron aura rénové la politique. Bien sûr, il aura réformé notre pays avec audace et courage, dans bien des domaines qui l’exigeaient. Le système français des retraites est de cette nature, à la fois économiquement déséquilibré et de moins en moins redistributif. La politique du logement mérite sans aucun doute aussi d’être améliorée et l’exécutif a vite identifié les domaines perfectibles. Oui, le monde HLM devait être simplifié et rationnalisé. Oui, le rapport des aides au logement devait faire l’objet d’une réflexion de fond. Pour autant, fallait-il brûler les idoles ?

La plus récente immolation, celle du prêt à taux zéro, puissant catalyseur de la primo-accession à la propriété en France depuis 1995, révèle que le gouvernement est davantage guidé par la volonté de mettre à bas l’existant que par celle de faire mieux. Il y a une pulsion mortifère dans cette façon de mener la politique du logement. Aux évidences et aux succès attestés, il oppose la béance des questions fondamentales, mise en musique par un rapport commandé par le ministère du Logement. Quel est le degré d’effet d’aubaine du PTZ, c’est-à-dire quelle est la proportion d’opérations d’accession qui n’aurait pas lieu si l’aide n’existait pas ? Certes, la question a plus d’acuité lorsque les taux d’intérêt de marché sont plus bas que jamais, resolvabilisant les emprunteurs. Et puis cet outil, utilisable partout sur le territoire, n’encourage-t-il pas à acquérir son premier logement neuf dans les territoires les moins chers, dans les fameuses zones B2 et C, suburbaines ou rurbaines ? Le procès en culpabilité pour artificialisation des sols est intenté. Bref, le prêt à taux zéro pour ceux qui achetaient leur premier logement neuf ou ancien avec des travaux lourds de réhabilitation, c’est écrit, mourra en 2021.

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Le ministre de la Ville et du Logement, voyant venir que Bercy dès le projet de loi de finances

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