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Fiac 2021: Le marché de l’art et la joie de vivre et vendre

·5 min de lecture

La Fiac est de retour, la joie des collectionneurs de dépenser des fortunes pour une œuvre d’art visiblement aussi. Du 21 au 24 octobre, la plus grande foire d’art moderne et contemporain en France accueille 170 galeries de 25 pays au Grand Palais Éphémère, au Champ-de-Mars, en face de la tour Eiffel.

Il y a foule ce mercredi soir lors du vernissage de la Fiac. Les yeux brillent et les visiteurs, dont l’acteur Brad Pitt et l’humoriste Gad Elmaleh, se pressent pour découvrir les nouveaux horizons imaginés par les artistes et les galeristes pour le monde après le confinement.

« Une sensation qui vient des tripes »

« J’ai besoin de voir la peinture face à moi, des toiles couvertes de l’huile, de la gouache, de vivre une sensation qui vient des tripes », confie Véronique, visiteuse fidèle de la Fiac. Vous voulez voir la vie en rose ? Prenez donc un peu de rose chez Georg Baselitz. La galerie londonienne White Cube nous propose Wir nehmen ein wenig Rosa (2018), une toile monumentale du maître allemand des têtes renversées. Pour la coquette somme de 950 000 euros, vous pouvez vous mettre au diapason de la grande rétrospective Baselitz au Centre Pompidou-Paris.

« Tout a été déjà vendu ». Pour acheter les quatre peintures lumineuses sur le déclin des salles de cinéma en Afrique exposées sur le stand de la galerie Cécile Fakhoury, vous êtes arrivé trop tard. Toutes les œuvres de Cheikh Ndiaye accrochées sur les cimaises du stand ont trouvé des acheteurs avant l’ouverture officielle, 45 000 euros la pièce. Par chance, comme la galerie ouvre après Abidjan et Dakar ce jeudi 21 octobre une troisième antenne à Paris, d’autres toiles de l’artiste sénégalais vous attendent déjà. Delphine Lopez, directrice de la galerie à Dakar : « La peinture de Cheikh Ndiaye est très bien reçue. Les gens sont admiratifs de ce côté réaliste de la peinture qui dégage une forte émotion. Ils sont très curieux et posent beaucoup de questions. »

« Le besoin d’une expérience esthétique directe »

Cette soif des visiteurs de se confronter physiquement aux œuvres et échanger sur les peintures est aussi palpable à la galerie Templon. « À une époque, on a beaucoup parlé de digital, de dématérialisation… En réalité, le public a besoin d’une expérience esthétique directe », nous explique Anne-Claudie Coric, la directrice générale. Aux côtés d’une nouvelle toile (dont la couleur semble encore fraîche) de la star afro-américaine Kehinde Wiley pour quelques centaines de milliers de dollars, la galerie parisienne a mis à l’honneur le peintre sénégalais Omar Ba, né comme Wiley en 1977. Dispersion devant l’impasse (prix : 115 000 euros) est une œuvre aussi monumentale qu’énigmatique, réalisée pendant la pandémie, précise Anne-Claudie Coric.

« Il a énormément de succès. La peinture d’Omar Ba est à la limite entre abstraction et figuration et c’est toujours une réflexion sur l’état de l’Afrique contemporaine. Ce tableau est une sorte d’autoportrait. On voit l’artiste masqué, comme un énorme papillon qui est bloqué, qui n’arrive pas à s’envoler. Cela parle de ces deux années très difficiles que nous avons traversées, de ce sentiment de ne pas avoir avancé. »

Les ventes d’art en ligne

Depuis le début de la pandémie, les ventes d’art en ligne ont largement augmenté. Selon le rapport de l’assureur Hiscox, le pourcentage des achats en ligne a doublé en 2020 pour atteindre 15,8 % en 2020. Et au premier semestre 2021, les ventes en ligne ont enregistré un record de 6,8 milliards de dollars. Même la Fiac a gardé son volet Online Viewing Rooms qui a permis d’élargir sa clientèle pendant la pandémie et qui montre 42 exposants exclusivement en ligne. Mais ce qui frappe aux stands des galeries venues au Grand Palais Éphémère, c’est un certain retour à la matérialité de l’art et à la beauté physique des œuvres. Une envie se traduisant par la présence de beaucoup de peintures (souvent proches du figuratif) et plutôt peu d’installations ou vidéos et l’absence de la crypto-art, les fameux NFT.

« Pour l’instant, comme ce n’est pas encore tout à fait mainstream, nous n’avons pas encore d’artistes qui se soient lancés dans les NFT, mais, pourquoi pas, remarque Anne-Claudie Coric de la galerie Templon fondée en 1966 et qui a exposé les plus grands, de Warhol à Basquiat… Nous sommes là pour soutenir les artistes, et on les suit dans toutes leurs expérimentations. »

Lili Reynaud Dewar à la FIAC

La Française Lili Reynaud Dewar vient de remporter le prestigieux Prix Marcel Duchamp 2021. Elle fait aussi partie des artistes exposées à la nouvelle Bourse de Commerce de la Fondation Pinault. La Fiac va encore accélérer sa montée sur le marché de l’art. La galerie autrichienne Layr présente pour 25 000 euros une de ses vidéos qui l’ont fait connaître et où elle danse nue dans une institution vide. Quant à la galerie Clearing (New York, Bruxelles), elle propose trois planches (toutes déjà vendues pour 50 000 euros à des collections privées et une institution) d’autoportraits dansés de la lauréate sur soie et présentée sous verre.

Après les épreuves de la pandémie, l’artiste new-yorkais Jim Hodges essaie de nous réconcilier avec la matérialité de notre existence à travers une vision paradisiaque sous forme de silhouettes taillées dans des feuilles dorées : Between the flowers and the birdsEntre les fleurs et les oiseaux »). Une série créée en 2020 et 2021 et montrée par la galerie américaine Gladstone tout au début du parcours sous la voûte du Grand Palais Éphémère. Annely Juda Fine Art suggère de dépasser notre frustration de ne pas avoir pu acheter l’Arc de Triomphe empaqueté par Christo avec un petit chariot de supermarché emballé par le célèbre artiste en 1963. La valeur de l’idée de génie exprimée par une bâche en plastique (chariot inclus) : 35 000 euros.

Sin Wai Kin et ses lingettes transformées en toiles

Le risque majeur de notre époque menacée par la pandémie, les guerres et la catastrophe climatique annoncée est clairement affiché par la galerie viennoise Krinzinger avec une œuvre en noir et blanc de Monica Bonvicini : « die of a rage to live », autrement dit, « mourir de la rage de vivre ». Et si vous êtes tombé sous le charme de la grande rétrospective de l’Italien Giuseppe Penone à la Bibliothèque Nationale de France-François Mitterrand, la galerie new-yorkaise Marian Goodman sait vous charmer avec Leaves of Grass, variation artistique sur l’empreinte de ses doigts célébrant les liens sacrés qui relie l’humain à la nature. Une œuvre de deux sur trois mètres, disponible pour la modique somme de 950 000 euros.

Les œuvres les plus tactiles, fragiles, intimes et sensuelles nous viennent de Sin Wai Kin, exposées à la galerie anglaise Soft Opening. L’artiste canadienne née en 1991 se produit en tant que travestie depuis son arrivée à Londres en 2012. Après des performances ou des films où elle interroge le corps et les identités humaines dans le corps social, elle imprime soigneusement le maquillage de son visage sur une lingette transformée ainsi en petite toile, ensuite « encadrée » dans une petite box en acrylique. Le résultat de ce « suaire » artistique est aussi bluffant que touchant. De façon ingénieuse, elle donne une permanence physique, voire poétique et christique, à une performance autrement éphémère.

► À écouter aussi : La Fiac fait son retour au Grand Palais éphémère à Paris pour sa 47e édition

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