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Feux de forêts : près de 50 personnes interpellées

Soupçonné d’être à l’origine de 31 départs de feu, un pompier volontaire de 19 ans a été mis en examen et écroué, a annoncé la procureure de Bordeaux (photo d’illustration prise mi-août à  Belin-Béliet, en Gironde).
THIBAUD MORITZ / AFP Soupçonné d’être à l’origine de 31 départs de feu, un pompier volontaire de 19 ans a été mis en examen et écroué, a annoncé la procureure de Bordeaux (photo d’illustration prise mi-août à Belin-Béliet, en Gironde).

THIBAUD MORITZ / AFP

Selon un bilan provisoire de la gendarmerie dévoilé ce vendredi 23 septembre, près de 50 incendiaires ont été interpellés lors de cet été marqué par un record de surfaces brûlées.

FEUX - Une grande partie des incendiaires de l’été ont été retrouvés. Selon un bilan provisoire de la gendarmerie dévoilé ce vendredi 23 septembre, 48 personnes ont été interpellées lors de cet été marqué par un record de surfaces brûlées, notamment dans le Sud-Ouest.

Douze d’entre elles ont déjà été condamnées : la plus lourde peine, deux ans de prison, a été prononcée contre un jeune homme interpellé en août et reconnu coupable d’une série d’incendies en Gironde. Certains incendiaires étaient mineurs et ont écopé de mesures éducatives, comme ces deux adolescents dont les pétards d’artifice avaient déclenché un incendie brûlant 5 hectares dans le Morbihan début août.

Fin juillet, un homme de 44 ans a été mis en examen après avoir avoué avoir causé plusieurs départs de feu qui ont ravagé 1 200 hectares en Ardèche. Un ancien pompier volontaire de 33 ans sera lui jugé à Béziers fin septembre pour deux incendies dans l’Hérault. Ces deux hommes et « plus d’une dizaine » d’autres ont été placés en détention provisoire le temps de l’enquête, selon la gendarmerie.

Des expertises médicales

« On a des profils très variés, des jeunes, des mineurs, des retraités, tous les milieux sociaux sont représentés avec une majorité d’hommes », explique à l’AFP la lieutenante-colonelle Marie-Laure Pezant, porte-parole de la gendarmerie nationale. Certains ont « un profil psychologique plus faible, parfois des troubles mentaux », ajoute-t-elle.

Les expertises médicales qui seront diligentées au cours des enquêtes doivent permettre de distinguer les pyromanes, qui mettent le feu pour satisfaire une pulsion, des incendiaires, dont l’acte répond à un mobile précis.

Chaque départ de feu, dont 90 % sont causés par l’homme et 30 % sont volontaires selon l’Office national des forêts (ONF), fait l’objet d’une enquête judiciaire. Concernant les feux, dans l’écrasante majorité des dossiers, la gendarmerie a été saisie de par son implantation en zone rurale. « Au plus fort de l’été, le 13 août, nous avons eu jusqu’à 500 gendarmes déployés sur 18 incendies », souligne Marie-Laure Pezant.

La gendarmerie a notamment mobilisé ses techniciens en identification criminelle au sein des cellules de Recherche des causes et des circonstances de l’incendie (RCCI), au côté de pompiers et d’agents de l’ONF.

La technique de l’escargot 

Ces enquêteurs pratiquent « la technique de l’escargot », image la porte-parole, depuis le point de départ supposé du feu jusqu’à une cartographie 3D de la zone brûlée réalisée à partir de drones et d’hélicoptères. « Le feu n’efface pas tout, on arrive toujours à retrouver des traces, de l’ADN ou des objets pour remonter jusqu’à l’auteur », comme un tesson de bouteille ou un briquet, explique encore Marie-Laure Pezant.

Fin juillet, près d’Orange (Vaucluse), l’analyse d’un mégot de cigarette a ainsi permis de remonter à une personne qui sera jugée prochainement. Quand la technique fait défaut, c’est le renseignement humain qui peut s’avérer décisif. Ainsi, les gendarmes ont pu rapidement remonter la piste d’un jeune homme soupçonné d’être à l’origine de deux incendies en juillet dans les Pyrénées-Orientales, grâce à des témoins qui ont reconnu sa voiture quitter les lieux avant le départ des flammes.

Afin d’améliorer le travail d’enquête judiciaire, notamment dans les affaires d’incendies volontaires, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé en août vouloir lancer « 3 000 postes de gendarmes verts », sans préciser s’il s’agissait de créations de postes ou de réaffectations après une formation.

Au 17 septembre, plus de 65 000 hectares de forêt avaient brûlé en France, dont 50 000 depuis le début de l’été, soit la plus grande surface brûlée à ce stade de l’année depuis le début des données satellitaires en 2006, selon le Système européen d’information sur les feux de forêts (Effis). La Gironde, qui abrite une partie de la plus grande forêt de résineux d’Europe, a été particulièrement touchée avec 30 000 hectares partis en fumée, dont plus de 21 000 pour le seul secteur de Landiras.

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