Publicité
La bourse est fermée
  • CAC 40

    7 346,15
    +35,38 (+0,48 %)
     
  • Euro Stoxx 50

    4 418,51
    +36,04 (+0,82 %)
     
  • Dow Jones

    36 245,50
    +294,61 (+0,82 %)
     
  • EUR/USD

    1,0885
    -0,0008 (-0,08 %)
     
  • Gold future

    2 091,70
    +34,50 (+1,68 %)
     
  • Bitcoin EUR

    35 662,17
    +364,53 (+1,03 %)
     
  • CMC Crypto 200

    802,76
    +11,20 (+1,41 %)
     
  • Pétrole WTI

    74,38
    -1,58 (-2,08 %)
     
  • DAX

    16 397,52
    +182,09 (+1,12 %)
     
  • FTSE 100

    7 529,35
    +75,60 (+1,01 %)
     
  • Nasdaq

    14 305,03
    +78,81 (+0,55 %)
     
  • S&P 500

    4 594,63
    +26,83 (+0,59 %)
     
  • Nikkei 225

    33 431,51
    -55,38 (-0,17 %)
     
  • HANG SENG

    16 830,30
    -212,58 (-1,25 %)
     
  • GBP/USD

    1,2714
    +0,0086 (+0,68 %)
     

Les feux de forêt de l’été 2023 ont été les plus dévastateurs en 50 ans. Le pire reste-t-il à venir ?

Les incendies de forêt ont majoritairement été déclenchés par la foudre. Leur propagation a ensuite été exacerbée par un manque de précipitations et des températures anormalement élevées. (Victor Danneyrolles), Fourni par l'auteur
Les incendies de forêt ont majoritairement été déclenchés par la foudre. Leur propagation a ensuite été exacerbée par un manque de précipitations et des températures anormalement élevées. (Victor Danneyrolles), Fourni par l'auteur

Après une saison estivale marquée par des incendies exceptionnels, les forêts québécoises s’apprêtent à connaître un bref répit avec le retour des températures plus fraîches et des précipitations neigeuses.

Mais pour combien de temps ? De tels événements deviendront-ils plus fréquents ?.

Experts des dynamiques de perturbations en milieu boréal, nous proposons ici de dresser un bilan des feux ayant eu lieu en 2023 au Québec, et d’apporter un éclairage sur leurs causes et conséquences.

Des millions d’hectares affectés

Selon la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU), près de 700 incendies ont ravagé environ 5,1 millions d’hectares (soit la superficie du Costa Rica), au nord comme au sud de la limite nordique des forêts attribuables, soit la ligne qui sépare le Nord québécois du sud, où les forêts sont soumises à des coupes forestières.

Au début du mois d’octobre, quinze incendies étaient encore actifs depuis l’été dans l’ouest du Québec. Trois d’entre eux, bien que sous contrôle, avaient brûlé ensemble près de 700 000 hectares dans la zone de protection intensive, où la SOPFEU combat systématiquement tous les incendies.

Dans la zone nordique, douze incendies étaient sous surveillance constante, certains ne dépassant pas 20 hectares, d’autres atteignant plus d’un million d’hectares. De la superficie totale brûlée en 2023 au Québec, trois quarts (3,8 millions d’hectares) se trouvaient en zone nordique. Au sud du 50e degré nord de latitude, dans la zone de protection intensive, environ 1,4 million d’hectares a brûlé, soit plus de 80 fois la moyenne annuelle des dix dernières années.

Lorsqu’on compare la saison des feux de 2023 aux données disponibles depuis les années 1970, il est assez clair que cette année fut inhabituelle au regard des dernières décennies. Mais, bien qu’impressionnants et difficiles à contenir, ces incendies demeurent vraisemblablement dans la plage de la « variabilité naturelle » observée au cours des siècles précédents.

Plusieurs études ont montré que les cycles de feux particulièrement intenses étaient courants au Québec dans les années 1910-1920. Et encore plus fréquents aux XVIIIe et XIXe siècles, lorsque les conditions climatiques chaudes et sèches étaient particulièrement propices aux feux de forêt.

Des conditions météorologiques exceptionnelles

À l’image des incendies de forêt historiques, les départs de feu au Québec en 2023 ont été alimentés par des conditions météorologiques intenses. Dès le mois de juin et après un mois de mai déjà sec, une multiplication significative des incendies a été observée dans la zone intensive. La zone nordique a quant à elle été touchée tout au long des trois mois d’été.

Ces incendies ont majoritairement été déclenchés par la foudre. Leur propagation a ensuite été exacerbée par un manque de précipitations et des températures anormalement élevées. Les températures ont en effet dépassé de +2,3 °C la moyenne de la période 1981-2010 pour le mois de juin, établissant un record du mois de juin le plus chaud enregistré au Québec depuis au moins cent ans.

Ces conditions météorologiques exceptionnelles ont été en partie influencées par le phénomène El Niño, un réchauffement cyclique de l’océan Pacifique connu pour son impact sur les conditions météorologiques terrestres. La tendance s’est poursuivie en juillet, avec des températures moyennes exceptionnellement élevées, dépassant largement les normales (+2,7 °C).

Des conséquences multiples

Le déclenchement simultané de nombreux incendies et leur propagation rapide ont eu des effets multiples sur la faune et les forêts, le climat, ainsi que sur les populations humaines.

Les feux ont altéré la structure et la composition de la végétation, entraînant des perturbations pour les habitats fauniques, ainsi que des déplacements et une mortalité chez les animaux. En conséquence, les territoires de chasse, de pêche et de récolte des communautés autochtones ont été affectés.

En plus de représenter une menace directe pour la sécurité publique, la fumée des incendies, à l’origine de problèmes respiratoires, a forcé l’évacuation de milliers de personnes dans plusieurs régions du Québec. La dégradation de la qualité de l’air a été ressentie non seulement à l’échelle du Canada et des États-Unis, mais également en Europe. Fort heureusement, les évacuations se sont déroulées à temps, sans entraîner de victimes, malgré certains dégâts matériels.

Sur le plan climatique, les grands incendies ont libéré plusieurs mégatonnes de dioxyde de carbone stockées dans les arbres et les sols, ce qui a contribué à accroître les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre (CO2, CH4).

Bien que les feux aient entraîné des conséquences importantes, ils sont parfois bénéfiques pour certains organismes. On peut penser à des espèces d’arbres, comme le pin gris, qui en dépendent pour se régénérer ou à de nombreuses espèces animales qui affectionnent les forêts brûlées.

À quoi s’attendre à l’avenir ?

Les forêts du Québec brûlent et se régénèrent de manière cyclique depuis des millénaires. Cependant, il est impératif de reconnaître que ces cycles peuvent évoluer au cours du temps.

La saison des feux de 2023 souligne l’urgence de se préparer à des changements importants dans les dynamiques de perturbation, et notamment à la possibilité que de tels événements se reproduisent plus fréquemment.

À mesure que les changements climatiques progressent, les épisodes de sécheresse pourraient devenir plus fréquents si les précipitations ne parviennent pas à compenser l’augmentation des températures, comme cela a été observé au XXe siècle.

Cette combinaison de facteurs accroît la probabilité d’une augmentation du nombre, de la taille et de l’intensité des feux de forêt.


Lire la suite: Les forêts boréales nord-américaines brûlent beaucoup, mais moins qu’il y a 150 ans


De tels changements menacent la régénération naturelle des forêts et pourraient conduire à la formation de zones sans arbres, victimes d’incendies trop fréquents pour que la végétation ait le temps de se régénérer.

Ces conditions pourraient également être exacerbées par l’expansion continue de l’exploitation forestière. Des analyses préliminaires ont montré que plus de 300 000 hectares de forêts brûlées en 2023 pourraient ne pas se régénérer, principalement en raison de l’exploitation forestière des dernières décennies.

Les conséquences des grands feux de forêt soulignent les défis climatiques auxquels nous sommes confrontés. Elles mettent en évidence la nécessité de développer des mesures d’atténuation et d’adaptation, visant à protéger les écosystèmes forestiers vulnérables et leurs habitants.

Il est donc impératif de tirer des leçons de la saison des feux de 2023 afin de renforcer la résilience des forêts et des communautés face aux changements climatiques et limiter les dommages causés par les feux. Cela passe à la fois par une réduction du risque, une protection des zones les plus vulnérables et une sensibilisation des populations locales.

La version originale de cet article a été publiée sur La Conversation, un site d'actualités à but non lucratif dédié au partage d'idées entre experts universitaires et grand public.

Lire la suite:

Dorian M. Gaboriau, Jonathan Lesven, and Victor Danneyrolles do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.