Fed, BCE: les banques centrales tâtonnent, et les marchés ont raison d'avoir peur
EDITO- La plupart des grandes banques centrales sont intervenues ces derniers jours pour modifier leurs politiques monétaires. Mais entre la lutte contre l'inflation et celle contre la récession, la plupart de ces institutions n'ont pas choisi. Et cela perturbe les marchés.
Le monde des banques centrales est tourneboulé. En l’espace de quelques jours la , la et la ont relevé leurs taux d'intérêt. Et la a annoncé la fin de ses achats d'obligations, puis promis l’élaboration de nouveaux outils pour intervenir sur les marchés. La , elle, s'est engagée à maintenir la relance monétaire malgré l'inquiétude croissante suscitée par la chute du yen.
Agitation monétaire
Toute cette agitation s’accompagne de secousses sur les marchés. a perdu près de 20% depuis le début de l’année et les crypto-monnaies s’effondrent. L'écart entre les rendements à dix ans de la dette allemande et l’italienne a atteint 2,4 points de pourcentage avant que la BCE n’intervienne. Coté devises, le et le sterling sont à la baisse et le franc suisse s’envole.
Objectifs contradictoires
Autant de turbulences provoquées par les objectifs contradictoires des banquiers centraux. La Fed insiste sur le fait qu'elle maîtrisera l'inflation, qui a atteint un taux annuel de 8,6 % en mai. Pourtant, elle rechigne à admettre que cela passera sans doute par une récession. Et les règles empiriques sur la façon dont les banquiers centraux devraient réagir à l'inflation sous-jacente indiquent que les taux devraient être beaucoup plus élevés. Les atermoiements de la Fed au cours de l'année écoulée ont aggravé le conflit entre ses objectifs concurrents de stabilité des prix et de faible taux de chômage.
Le dilemme de la BCE
La BCE est confrontée à un dilemme encore plus difficile. Un effet secondaire du resserrement de la politique monétaire est une pression sur les pays endettés. Les finances des gouvernements de la zone euro seront mises sous pression sans filet de sécurité. La dette italienne, qui représente plus de 150 % du PIB pourrait devenir insoutenable, rendant le pays vulnérable à une panique auto-réalisatrice du marché. La BCE déclare qu'elle ne tolérera pas la menace qu'une telle crise ferait peser sur l'intégrité de l'union monétaire. Mais elle n'est pas censée sacrifier s[...]
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