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Comment faire accepter les mesures de sobriété énergétique?

·6 min de lecture
Prendre son vélo à la place de sa voiture, ne pas prendre l'avion pour un voyage de courte durée: ces mesures permettent d'avoir un mode de vie plus sobre.  (Photo: luoman via Getty Images)
Prendre son vélo à la place de sa voiture, ne pas prendre l'avion pour un voyage de courte durée: ces mesures permettent d'avoir un mode de vie plus sobre. (Photo: luoman via Getty Images)

ÉNERGIE - La sobriété positive ou les contraintes qui rendent heureux: c’est l’un des piliers du scénario pour la neutralité carbone d’ici 2050 du rapport de l’association négaWatt paru ce mardi 26 octobre. Pour l’équipe d’experts de l’énergie, le débat ne doit pas exclusivement porter sur le choix entre nucléaire ou renouvelable pour réduire les émissions de CO2, responsables du changement climatique.

Le dossier énergie fait beaucoup parler de lui à six mois de la présidentielle. Les candidats s’échinent sur l’énergie idéale pour le mix énergétique futur. D’un côté, ceux qui -comme Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot ou Anne Hidalgo- appellent à sortir plus ou moins vite du nucléaire. De l’autre, ceux qui -à l’image d’Emmanuel Macron ou de Valérie Pécresse- veulent agrandir le parc nucléaire français.

Réduire de 40% notre consommation d’énergie

Au milieu de ces ébats politiques, un rapport publié lundi 25 octobre a pimenté le débat: celui du Réseau Transport d’électricité (RTE). Proposant à la fois un scénario 100% renouvelable et trois autres chemins avec davantage de nucléaire: ce texte est loin de trancher le débat. Mais, au-delà de cet éternel dilemme, RTE propose une autre trajectoire, celle de la sobriété énergétique. “Tous les scénarios de RTE nécessitent de baisser de 40% notre consommation d’énergie”, a reconnu ce mardi sur France Inter la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili.

La sobriété, c’est aussi le point central du scénario de négaWatt. Pour les experts de ce rapport, il faut certes trouver une alternative aux énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), mais aussi réduire notre consommation énergétique individuelle. En d’autres termes, c’est aussi à nous, consommateurs et consommatrices, de changer nos modes de vie.

Nos besoins en énergie sont en effet de plus en plus importants d’année en année. Aujourd’hui, dans le monde, nous consommons en cinq minutes autant d’hydrocarbures que ce que produit la Terre en un an. Notre consommation d’énergie est donc énorme. Le rapport négaWatt formule des “mesures prioritaires” pour amener les ménages à diminuer, à court terme, leur dépense énergétique.

Rouler moins vite et moins loin

Parmi ces pistes pour que les citoyens soient acteurs de la transition énergétique, le rapport propose “d’augmenter le prix de l’aérien, d’interdire progressivement l’ensemble des vols intérieurs lorsqu’une alternative ferroviaire existe, mettre fin aux ventes de véhicules diesels et essences au plus tard en 2035” ou encore de “réduire la vitesse maximale autorisée sur autoroute à 110 km/h”.

Des mesures dont on connaît la faible popularité auprès de l’opinion publique. On se rappelle de la grogne des automobilistes lors du passage de 90 à 80km/h sur les routes secondaires. La proposition de négaWatt d’abaisser la vitesse sur autoroute de 130 à 110 km/h risque donc ne pas faire l’unanimité. “C’est une mesure qui semble impopulaire et semble être une atteinte aux libertés, mais il faut la voir autrement”, répond Yves Marignac, chef du Pôle énergies nucléaire et fossiles et l’un des auteurs de négaWatt 2022. “Ce qui est encore plus impopulaire que la réduction de vitesse, c’est la pollution, la circulation accrue, les embouteillages, et les accidents mortels”. Pour négaWatt, limiter la vitesse permet à la fois de réduire la pollution et de diminuer les dangers de la conduite. Du deux en un, en somme.

Quant à la limitation des trajets en avion, et donc des voyages à l’autre bout du monde, “il faut mettre en place des conditions pour que la mesure soit acceptable”. “Il ne faut pas qu’une partie de la population soit restreinte de voyager parce que les prix sont trop élevés et surtout il faut proposer des alternatives en développant les trains grandes vitesses et les trains de nuit”, étaye-t-il.

Reste que même si des alternatives sont proposées, il faudra sans doute quoiqu’il arrive diminuer nos déplacements, notamment en voiture. Or, les Français sont très sensibles au sujet de leur quatre-roues individuel. Ces dernières semaines, le carburant a atteint des sommets et le gazole a dépassé 1,55 €/l. Une flambée des prix qui a fait trembler l’exécutif alors que l’ombre des gilets jaunes plane toujours.

Miser sur les avantages du changement

Pour envisager de changer les comportements, il faut donc comprendre la colère des Français. NégaWatt veut croire que l’ire est surtout provoquée par un manque de dialogue et un sentiment d’injustice : “Ce n’est pas possible pour eux qu’ils soient consommateurs responsables dans une société de surproduction. Il faut aussi que les politiques et industriels fassent des efforts”, explique Yves Marignac.

Pour faire accepter ces changements, il faut aussi avancer les avantages d’un mode de vie plus sobre. Le rapport met en avant la diminution de la pollution de l’air aujourd’hui responsable de “50 000 décès prématurés par an”. Un constat partagé par le ministère de la transition écologique qui alerte sur la dangerosité des particules fines dans l’air des grandes villes. Respirer quotidiennement ces microparticules augmente le risque de développer des maladies respiratoires et des cancers.

Utiliser moins sa voiture, c’est aussi plus se déplacer à pied ou à vélo, pour un impact très positif sur la santé, souligne négaWatt. “Entre 2035 et 2050, ce sont plus de 10.000 décès par an qui sont ainsi évités et l’espérance de vie d’un Français est augmentée de trois mois”, prévoit la synthèse. L’idée est alléchante, à condition de pouvoir en effet se déplacer à pied et à vélo ce qui n’est pas possible partout sur le territoire.

Pour le volet logement, c’est le gain d’argent qui peut être exposé: avoir un logement mieux isolé et réduire sa consommation d’énergie, c’est aussi une facture moins salée à la fin du mois. L’énergie pèse lourd dans les dépenses du foyer: “En 2018, les ménages ont dépensé en moyenne 1552 € en énergie pour leur logement”, indique le rapport chiffré de 2020 du gouvernement sur la consommation d’énergie française et mondiale.

Échanger avec les Français et leur exposer les bénéfices d’un mode de vie sobre permettrait de “changer les imaginaires”, insiste Yves Marignac. “On a oublié d’imposer des limites à nos imaginaires, et à ne pas produire et consommer en pensant que les ressources de la planète sont infinies”. Avoir une seule télé au lieu de trois, ne pas partir en avion en Australie pour 48h et penser à prendre son vélo pour un déplacement de moins d’1km: ce sont déjà des mesures concrètes et applicables à notre échelle.

A voir également sur Le HuffPost: “Voitures électriques, hydrogène vert, industrie décarbonée... les promesses écologiques de Macron pour 2030”

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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