La bourse est fermée

Face à la Chine et aux États-Unis, il est urgent de mettre en place une politique industrielle européenne

En France ou dans les autres pays de l’Union européenne, proposer, ou encore pire, se lancer dans une politique industrielle relève presque de la provocation face à des instances bruxelloises soucieuses d’éviter tout ce qui pourrait ressembler à du protectionnisme.

Et pourtant la conscience du besoin d’une politique industrielle existe bel et bien. La France et l’Allemagne en discutent depuis belle lurette, mais le résultat est toujours le même : chacun pour soi. Dépendant de la situation de ces deux pays dans le cycle économique, les motivations sont divergentes.

Dans un passé proche, la France apparaissait comme moteur de cette idée face à une Allemagne plutôt réservée. La croissance allemande décélérant, ce pays semble désormais reprendre le sujet. Mais pour le moment rien de concret.

Dans ce contexte, avec en toile de fond des débats interminables et des recommandations aux textes kilométriques, aboutissant la plupart du temps à des réglementations tatillonnes, l’Union européenne n’a pas réussi à construire une politique industrielle stricto sensu.

Ceci contraste lourdement avec les politiques conséquentes mises en place, avec un pragmatisme qui ne s’encombre pas de principes idéologiques, notamment chez nos concurrents aux États-Unis, en Chine et dans certains pays asiatiques.

L'exemple américain 

Il suffit de jeter un coup d’œil à l’histoire des États-Unis pour constater que depuis le jour de son indépendance, afin d’accompagner les flux d’innovations, l’État fédéral de ce pays a toujours promu, et financé en grande partie, une politique industrielle de long terme.

Sous des modalités différentes, et certes moins démocratiques, il en est de même en Chine, devenue depuis une trentaine d’années l’atelier du monde, y compris dans le domaine des hautes technologies industrielles.

Notre situation est d’autant plus grave que, ces dernières décennies, les ...