Marchés français ouverture 6 h 6 min
  • Dow Jones

    33 002,38
    -430,97 (-1,29 %)
     
  • Nasdaq

    13 059,47
    -248,31 (-1,87 %)
     
  • Nikkei 225

    30 758,31
    -479,63 (-1,54 %)
     
  • EUR/USD

    1,0473
    +0,0004 (+0,04 %)
     
  • HANG SENG

    17 331,22
    -478,44 (-2,69 %)
     
  • Bitcoin EUR

    26 084,50
    -106,85 (-0,41 %)
     
  • CMC Crypto 200

    582,68
    -7,30 (-1,24 %)
     
  • S&P 500

    4 229,45
    -58,94 (-1,37 %)
     

Comment expliquer la mort de trois soldats français en seulement 10 jours en Irak?

Trois soldats français sont morts en seulement dix jours, en Irak, où la France combat les groupes jihadistes en appui des forces régionales.

Fadel Senna - AFP

La France paye un lourd tribut en Irak, où son armée est déployée depuis 2014 dans le cadre d'une opération antiterroriste. Ce mardi, le sergent Nicolas Mazier est devenu le troisième soldat français mort sur ce théâtre d'opérations en l'espace d'une dizaine de jours.

Le militaire, membre des forces françaises stationnées à Kirkouk, était "engagé dans une opération de reconnaissance en appui des forces irakiennes". Pris dans une embuscade, il a été "mortellement touché" lors d'un "échange de tirs" avec des jihadistes, probablement ceux de Daesh.

Avant lui, l'adjudant Nicolas Latourte était mort le 21 août "en marge d'un exercice d'entraînement", tandis que le sergent Baptiste Gauchot avait perdu la vie le 18 août dans un "accident de circulation".

Trois morts aux causes différentes

Pour le général Jérôme Pellistrandi, consultant défense de BFMTV, ce lourd bilan atteint en quelques jours seulement est le fruit d'une "triste coïncidence", les morts des trois militaires n'ayant aucun rapport entre elles.

"Sur trois morts, deux sont accidentelles. Ce sont malheureusement des drames qui peuvent se produire dans des théâtres d'opérations extérieures", rappelle-t-il.

Les accidents de circulation, comme celui qui a coûté la vie au sergent Baptiste Gauchot, "sont fréquents dans des zones de guerre où le terrain peut être accidenté et où les règles de sécurité routière ne sont pas toujours respectées".

La mort de l'adjudant Nicolas Latourte aurait, elle, eu lieu alors que le soldat "nettoyait son arme", selon une source irakienne contactée par l'AFP. Une information que n'a pas confirmée l'état-major des armées françaises, qui fait simplement état d'un "exercice d'entraînement au combat en zone urbaine".

"Ce sont les risques de la préparation opérationnelle au combat. Derrière, il y aura une enquête de commandement pour déterminer les conditions de l'accident et en tirer des leçons", souligne le général Pellistrandi.

L'armée française toujours active contre Daesh

Alors que l'attention médiatique se porte en ce moment sur la présence française au Sahel, ces trois drames successifs viennent brutalement rappeler l'engagement des forces françaises en Irak.

Dans le cadre d'une coalition internationale dirigée contre les groupes jihadistes, dont Daesh, les militaires français de l'opération Chammal forment les soldats irakiens et mènent des opérations aux côtés des forces spéciales, comme celle ayant coûté la vie au parachutiste Nicolas Mazier.

"C'est un théâtre d'opérations à très haut risque que le grand public a tendance à oublier du fait de la guerre en Ukraine ou des tensions au Niger. Nos forces spéciales y mènent des actions extrêmement dangereuses contre des cibles terroristes qui cherchent à déstabiliser la région et qui peuvent poser un risque terroriste en France", éclaire le général Pellistrandi.

Regain des actions françaises depuis la fin de la pandémie

Chercheuse à l'Institut français des relations internationales (IFRI), Héloïse Fayet observe de son côté un regain récent des activités françaises dans la région. "Il y a une remontée en puissance du soutien aux forces armées irakiennes après une pause entre 2020 et 2022", explique-t-elle auprès de BFMTV.com.

Selon cette spécialiste du Moyen-Orient, cette pause était due à la pandémie de Covid-19 mais aussi aux attaques de milices chiites contre la coalition internationale, consécutives à l'assassinat par les États-Unis du général iranien Qassem Soleimani.

Jugulée par l'action occidentale et irakienne, "la menace terroriste en Irak a peu évolué et se limite à des embuscades ou à l'emploi d'engins explosifs improvisés", souligne la spécialiste.

Le dispositif français sur place est stable. 600 militaires sont toujours déployés en Irak, en Syrie, en Jordanie et aux Émirats arabes unis dans le cadre de l'opération Chammal.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Un soldat français mort en Irak : 3eme militaire mort au mois d'août dans le pays