La bourse ferme dans 2 h 42 min

Europe : un accord historique à l’arraché

«L’Europe se fera dans les crises», prédisait l’un de ses pères fondateurs, Jean Monnet, dont la célèbre formule n’a jamais sonné si juste.

À l’issue de quatre longues journées de réunions officielles et d’apartés en petits comités, où les Vingt-Sept ont étalé comme jamais leurs divisions et semblé plusieurs fois au bord de la rupture, un accord sur un plan de relance massif a été arraché.

Il n’est pas à la hauteur des ambitions initiales d’Angela Merkel et d’Emmanuel Macron, tous deux à l’initiative du projet. Mais il a signé une petite révolution à l’échelle de l’Union européenne (UE), qui va pour la première fois émettre de la dette commune.

390 milliards de subventions

Le couple franco-allemand a dû ferrailler face aux quatre pays autoproclamés «frugaux» – «radins» pour leurs détracteurs –, les Pays-Bas, l’Autriche, la Suède et le Danemark. Ce camp, emmené par le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, s’est livré à un véritable marchandage sur tous les paramètres du plan : montant global, répartition entre subventions et prêts, conditionnalités des fonds. Ils ont monnayé leur voix (l’unanimité était requise) tout en cédant sur le principe.

Baptisé Next generation, l’instrument sera comme prévu doté d’une enveloppe de 750 milliards d’euros. Les fonds seront empruntés sur les marchés par la Commission au nom de l’UE – donc garantis par tous ses membres. Une petite moitié (360 milliards) sera mise à disposition des États sous forme de prêts classiques.

Quant au montant des subventions, qui était l'un des points d’achoppement, il a été ramené à 390 milliards (contre 500 milliards dans la mouture initiale). Ces transferts directs seront réalisés entre 2021 et 2023 auprès des pays ayant le plus souffert de la crise sanitaire, en fonction notamment de l’ampleur de la récession constatée cette année.

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