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Eurogroupe: quatre candidats pour le fauteuil de président

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Eurogroupe : les candidats

Biographie des quatres candidats à la présidence de l'Eurogroupe, le cénacle qui réunit les ministres des Finances des 19 pays qui ont adopté la monnaie unique

Bruxelles (AFP) - Ils sont quatre ministres à briguer la succession du Néerlandais Jeroen Dijssebloem à la tête de l'Eurogroupe, ce cénacle informel qui réunit chaque mois les ministres des Finances des 19 pays ayant adopté la monnaie unique.

Voici un état des lieux de ces candidatures avant le vote lundi après-midi, pour ce poste important des institutions européennes:

- Mario Centeno, 50 ans (Portugal)

Novice en politique lors de son entrée au gouvernement socialiste en novembre 2015, ce professeur d'économie qui aura 51 ans le 9 décembre est devenu le visage de la réussite économique de son pays, jusqu'alors un des maillons faibles de la zone euro.

Sans filiation partisane, il était inconnu des Portugais. Dans les cercles économiques, on le décrivait comme un centriste ou un libéral en raison de ses prises de position en faveur d'une plus grande souplesse du marché du travail.

Il est aujourd'hui un des poids lourds de l'équipe du Premier ministre Antonio Costa, arrivé au pouvoir grâce à une alliance avec la gauche radicale fondée sur la volonté de "tourner la page" de la politique d'austérité du précédent gouvernement de droite.

Affable et conciliant, cet homme aux yeux cernés et aux cheveux poivre et sel est parvenu à restituer une partie du pouvoir d'achat perdu par les Portugais durant la crise.

- Pierre Gramegna, 59 ans (Luxembourg)

Ce diplomate de carrière, ancien ambassadeur du Luxembourg en Corée du Sud et au Japon, a rejoint fin 2013 le gouvernement en tant que ministre des Finances.

Dans sa lettre de motivation, obtenue par l'AFP, il se dit "prêt et désireux de consacrer le temps et l'énergie nécessaires à la tâche difficile" qui "attend" l'Eurogroupe.

"Notre aptitude en tant qu'Eurogroupe à bâtir une Union économique et monétaire (UEM) renforcée sera décisive pour attirer d'autres États membres dans la zone euro, soit l'objectif économique le plus ambitieux de toute l'histoire de la construction européenne", plaide ce libéral.

Mais son opposition à une plus grande intégration en matière fiscale pourrait lui porter préjudice, bien que le dossier ne soit pas directement traité au sein des Eurogroupes.

Selon plusieurs sources européennes, son compatriote Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne et ancien patron de l'Eurogroupe, ne serait pas emballé par sa candidature.

- Peter Kazimir, 49 ans (Slovaquie)

Le Slovaque a travaillé plusieurs années dans le secteur de l'immobilier industriel et la restructuration d'entreprises, puis dans la banque, avant de rejoindre le gouvernement et d'être nommé en 2012 ministre des Finances.

Il a été amené à représenter l'Union européenne sur la scène internationale lorsque son pays présidait l'UE au deuxième semestre 2016.

Il a expliqué, le jour de sa candidature, voir "la zone euro comme le moteur de l'intégration européenne". "Mon ambition est d'intégrer toute notre communauté, ceux qui ont déjà l'euro comme monnaie, et ceux qui n'ont toujours pas l'euro", ajoutait-il.

Son lien avec les pays de l'Est de l'Europe encore non membres de la zone euro pourrait être un atout.

Mais sa maîtrise imparfaite de l'anglais, ses positions orthodoxes sur la Grèce au pic de la crise de la dette et un certain manque d'aura pourraient peser en sa défaveur, estiment certaines sources.

- Dana Reizniece-Ozola, 36 ans (Lettonie)

Âgée de 36 ans, la Lettonne a été nommée ministre des Finances de son pays en février 2016 après avoir occupé le ministère de l?Économie pendant deux ans.

Peu connue à Bruxelles, mais jouissant d'une bonne image en Lettonie, elle appartient à un petit parti de centre-droit affilié au parti populiste "Alliance des Verts et Fermiers".

Elle s'était opposée à l'introduction de l'euro dans son pays, craignant de voir la Lettonie précipitée dans la crise, mais elle s'est depuis montrée favorable à la monnaie unique.

Cette joueuse d'échec de haut niveau porte le titre de grand-maître depuis l'âge de 16 ans et a battu en 2016 la championne du monde de la discipline.

"Mon travail de ministre des Finances est une occupation qui consomme beaucoup d'énergie alors que les échecs, c'est là où je peux la puiser. Surtout si on est dans la politique, il est très important d'avoir un passe-temps, quelque chose d'autre à faire, pour ne pas perdre son équilibre", observait-elle alors.