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Etats-Unis: l'inflation raffermie, une hausse des taux encore possible en mars

Virginie MONTET
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la Russie se félicite de son premier emprunt en dollars depuis l'introduction de sanctions occidentales

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L'inflation en janvier aux Etats-Unis a pris une pente ascendante en dépit de la poursuite de la baisse des prix de l'énergie, ce qui remet sur la table une hausse des taux d'intérêt par la Réserve fédérale (Fed) en mars.

Le département du Travail a annoncé vendredi que sur un an, l'indice des prix à la consommation (CPI) en janvier avait grimpé de 1,4%, soit son plus haut niveau depuis octobre 2014. Sur le mois, les prix ont été stables alors que les analystes prévoyaient un léger recul.

Si l'on exclut les prix volatils de l'énergie et de l'alimentation, l'inflation sous-jacente annuelle a été de 2,2%, le rythme le plus fort depuis juin 2012.

Ce dernier chiffre place le niveau d'inflation, hors énergie et alimentation, soudainement au-dessus de l'objectif de 2% annuel que vise la Fed qui veut poursuivre la normalisation de sa politique monétaire.

Sur le mois, si les prix de l'énergie ont continué à chuter (-2,8%), ceux des services et des biens ont accéléré de concert. Les loyers ont continué d'augmenter ("0,3%), de même que les transports ("0,4%) et les soins médicaux ("0,5%), tandis que les prix des vêtements, en recul depuis quatre mois, ont fait un bond de 0,6%, sans doute portés par le climat plus hivernal qui a prévalu en janvier.

Cerise sur le gâteau, le salaire horaire moyen a gagné 0,4% sur le mois en janvier, sa meilleure performance en cinq mois.

L'évolution des prix sur un an "est montée en flèche (...). C'est ce que la Fed veut dire quand elle affirme que les effets des prix de l'énergie et du dollar fort sont transitoires !", avertit Jay Morelock, de FTN Financial Capital Markets.

La banque centrale assure depuis des mois que l'impact de la baisse des prix du pétrole et celui du renforcement du dollar, qui rend les importations meilleur marché, vont s'estomper pour voir l'inflation remonter.

Pour Ian Shepherdson, "les investisseurs doivent oublier, et vite, l'idée qu'un dollar fort signifie qu'on ne doit pas se préoccuper de l'inflation".

- Hausse des taux en mars ?-

"Une hausse des taux en mars est encore sur la table", affirme l'économiste en chef de Pantheon Macroeconomics qui rappelle que dans moins d'un mois, le 16 mars, jour de la prochaine réunion du Comité monétaire de la Fed, le gouvernement publiera aussi le chiffre de l'inflation pour février.

D'ici-là, vendredi prochain, la Fed aura aussi à sa disposition l'inflation en janvier mesurée via les dépenses de consommation (PCE), son baromètre favori de la hausse des prix.

Jason Schenker du cabinet d'analyse économique Prestige Economics estime également que le rapport sur les prix publié vendredi "va faire froncer les sourcils de la Fed sur les risques inflationnistes". "Avec, en plus, le taux de chômage tombé à 4,9% en janvier, les chances d'une hausse des taux en mars ont augmenté", ajoute-t-il. La Fed a le double mandat de lutter contre l'inflation tout en favorisant le marché de l'emploi.

Pourtant les données de l'économie américaine ont été mitigées récemment, avec un ralentissement net de la croissance au dernier trimestre ("0,7% en rythme annualisé).

Les craintes sur le ralentissement chinois et l'impact de la nervosité des marchés financiers depuis le début de l'année ont aussi rendu les membres de la Fed très prudents.

Dans les minutes de la dernière réunion monétaire publiées mercredi, les participants ont admis que les turbulences financières sont un facteur "d'incertitude" pour l'économie. Les cours des actions ont perdu environ 10% depuis le début de l'année.

Le durcissement des conditions financières sur les marchés a même un impact qui ressemble à un resserrement de la politique monétaire, ont estimé des responsables de la Fed.

Dans ces conditions, Steve Murphy, économiste pour Capital Economics, estime, lui, que si les chances d'une hausse des taux directeurs sont "faibles" en mars, la Fed devrait agir en juin.

La Banque centrale américaine qui veut normaliser sa politique monétaire a relevé ses taux en décembre, pour la première en fois en neuf ans, alors qu'ils étaient proches de zéro depuis la crise financière.