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Comment les Etats-Unis sont devenus les rois du gaz naturel liquéfié (GNL)

Leah Millis/AP/SIPA

Les Etats-Unis sont devenus le premier producteur mondial de gaz naturel liquéfié. A des tarifs ultra compétitifs. Ce qui donne des ailes à toute son industrie.

C’est une histoire digne de l’Amérique du far west. Il y a six ans, les Etats-Unis étaient inexistants sur le marché du gaz naturel liquéfié (GNL). Cette année, ils deviennent numéro un mondial devant l’Australie et le Qatar. "Le gaz américain coûte peu cher car il est souvent produit dans le sillage du pétrole", dit Geoffroy Hureau, secrétaire général de l’association Cedigaz. Un Etat comme le Wyoming dispose par exemple de gisements de gaz naturel qui sont parmi les plus vastes au monde. Tant pis pour les antilopes des grandes plaines, le monde a soif de gaz.

Les livraisons américaines vers l'Europe ont augmenté de 162%

Aujourd’hui, beaucoup de méthaniers partent vers l’Europe où les prix ont explosé. Au cours des huit premiers mois de l’année, les livraisons américaines vers le Vieux Continent ont augmenté de 162 %. Elles représentent 44 % de l’approvisionnement européen contre 27 % l’an dernier. La France, qui dispose de quatre terminaux de regazéification, a un moment été la première destination, les énergéticiens Engie et TotalEnergies misant à fond sur le gaz made in USA. Le premier a récemment augmenté les volumes d’un contrat et prolongé sa durée de onze à vingt ans.

Le second, qui est le premier exportateur de GNL américain, compte prochainement étendre son usine de Cameron (Louisiane). Et dire qu’il y a quinze ans, Washington comptait importer du GNL. Au début des années 2000, la société Cheniere Energy avait développé à Sabine Pass en Louisiane un terminal de regazéification. Prise au dépourvu par l’arrivée massive du gaz de schiste dix ans plus tard, l’entreprise l’a converti en usine de liquéfaction. Pour exporter. Les autres opérateurs lui ont emboîté le pas. "Ce sont des petites sociétés comme Cheniere, Sempra, Venture Global qui sont à l’origine du boom du GNL, indique l’expert Thierry Bros, professeur à Sciences-Po. Contrairement aux majors qui sont restées sur leurs vieux schémas, ces compagnies ont rué dans les brancards. Elles ont demandé à l’a[...]

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