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Entre Diego Maradona et le foot africain, respect et affection

·5 min de lecture

Même si Diego Maradona n’entretenait pas une relation forte avec l’Afrique et son football, l’Argentin savait afficher son respect pour ses représentants. Et ces derniers, ainsi que les supporters du continent, le rendaient bien à la défunte superstar argentine.

Diego Maradona n’a quasiment jamais joué en Afrique ou avec des joueurs africains. On peut mentionner ce tournoi à Abidjan en octobre 1981 durant lequel le Boca Juniors d’El pibe de oro a battu le Stade d’Abidjan, puis l’ASEC au Stade Félix Houphouët-Boigny. C’était vers le début de sa carrière, entamée aux Argentinos Juniors (1976-1981). À cette occasion, le meneur de jeu a d’ailleurs été surpris par sa notoriété en Côte d’Ivoire et pris conscience de sa popularité à l’étranger, raconte l’ex-défenseur Oscar Alfredo Ruggeri. Le début, aussi, d’un amour de l’Afrique envers le génial numéro 10.

À la toute fin de sa carrière, en 1997 à Boca Juniors, Diego Maradona a connu son seul coéquipier africain répertorié : Alphonse Tchami. Le Camerounais lui a d’ailleurs rendu un hommage appuyé auprès de notre confrère Njie Enow : « Diego était un homme merveilleux et c'était une expérience formidable de jouer avec lui. Il a toujours été très aimable sur le terrain en aidant ses coéquipiers. »

Des matches marquants

Avec l’équipe nationale d’Argentine, Diego Maradona a vécu des rencontres parfois mémorables face à des sélections africaines. Lors d’un Mondial des moins de 20 ans 1979 que l’Argentine remportera, Maradona a ouvert le score sur coup franc lors d’un succès 5-0 face aux Algériens de Djamel Menad, en quarts de finale.

Il a aussi battu le Maroc 3-1 lors d’une rencontre amicale à Salta, en 1994.

Mais c’est évidemment le match d’ouverture du Mondial 1990 face au Cameroun qui a le plus marqué les esprits. Après une franche accolade avec le capitaine camerounais Stephen Tataw – auquel Diego Maradona a rendu un vibrant hommage lors de son décès en juillet dernier – l’Albiceleste et son leader se sont laissés surprendre par un but de François Omam-Biyik. Coup de tonnerre : l’Argentine, tenante du titre, s’incline 1-0. Très classe, après avoir échangé son maillot avec Roger Milla, Maradona a lâché : « Si le Cameroun a gagné, c’est parce que c’était la meilleure équipe. » Les Lions indomptables seront éliminés en quarts de finale par les Anglais tandis que les Argentins échoueront en finale face à l’Allemagne de l’Ouest.

Ensuite, en 1994, l’Argentine a retrouvé une autre sélection africaine au premier tour du Mondial : le Nigeria, vainqueur de la CAN quelques mois plus tôt. Les Sud-Américains se sont imposés 2-1 avec leur magicien à la baguette. Ce qu’ils ne savent alors pas, c’est qu’il s’agit du tout dernier match de Maradona en sélection. Quelques jours plus tard, l’intéressé a en effet été contrôlé positif à l'éphédrine et a été exclu de la compétition.

Des hommages appuyés

Aujourd’hui encore, Sunday Oliseh, qui avait en partie la charge de marquer le génie lors de cet Argentine-Nigeria, reste ébloui. « Ce qui m’avait impressionné, ce n’était pas seulement ses qualités footballistiques mais la façon avec laquelle ses coéquipiers le regardaient. Ils le regardaient comme le Moïse qui devait les amener sur la terre promise, a confié l’ex-milieu de terrain à Sarah-Lou Bakouche. Les gens le qualifient de légende et s’il y a bien un joueur de foot qu’on peut qualifier de légende, c’est Diego ».

François Omam-Biyik, qui lui a joué un vilain tour en 1990, conserve également un souvenir impérissable du défunt. « Il n’y en aura jamais deux, confie le Camerounais au micro de Christophe Boisbouvier. Maradona reste un "Dieu vivant du football", malgré les déboires à la fin de sa carrière ».

De fait, Diego Maradona a inspiré des générations de footballeurs africains, comme l’illustre Didier Drogba. « Mon idole est décédée, a réagi l’Ivoirien sur Tweeter. RIP Diego Armando Maradona, mon tout premier maillot de football, l’homme à l’origine de mon amour pour le foot. Merci El Pibe ».

Des séjours contrastés en Afrique

Hormis son passage en Côte d’Ivoire en 1981, Diego Maradona a effectué d’autres séjours en Afrique. Il s’est rendu par exemple à plusieurs reprises à Laâyoune, pour des matches de gala célébrant la « marche verte » marocaine au Sahara occidental. Il est également allé à Alger en 2013 où il a lancé un « One, two, three, viva l’Algérie ! »

Moins politique, Maradona a aussi et surtout participé à la Coupe du monde 2010 en tant que sélectionneur de son pays, cette fois. Un souvenir plus que mitigé. S’il a été accueilli en Afrique du Sud comme une rock star, l’ex-joueur a vu Lionel Messi et sa bande éjectés en quarts de finale par l’Allemagne (0-4).

À noter que durant ce Mondial, son Albiceleste a notamment battu le Nigeria 1-0 au premier tour. Une rencontre face à une sélection africaine qu’il avait préparé en jouant face au Ghana (2-0) en octobre 2009 à Cordoba.

Le Sénégalais Kalidou Koulibaly, son protégé

Connu pour ses positions politiques anti-impérialistes et tiers-mondistes, Diego Maradona avait des avis bien tranchés et parfois clivants. Comme lors du Mondial 2018 où il a mis en exergue la forte proportion de joueurs d’origines africaines parmi les quatre demi-finalistes du tournoi, dont la France et la Belgique. « Des joueurs africains sont volés pour les nationaliser dans les pays européens, a-t-il ainsi affirmé sur TeleSUR. Le trafic des joueurs a atteint un niveau terrible auquel on n’aurait pas pu croire auparavant dans les grandes équipes ».

Diego Maradona a donc dû être content de voir Kalidou Koulibaly porter les couleurs de l’équipe du Sénégal plutôt que celles de la France. El pibe de oro avait beaucoup d’admiration et de respect pour le joueur de Naples. Il l’avait dit 2016. À sa manière : « Si Koulibaly était blanc, il jouerait déjà au Real Madrid ou au FC Barcelone. C’est un phénomène, le meilleur défenseur d’Italie. »