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Une enseignante insultée après un débat sur le port du voile: que s'est-il passé?

Justine Chevalier
·3 min de lecture
Le lycée Aragon à Muret, en Haute-Garonne. - Google Streetview
Le lycée Aragon à Muret, en Haute-Garonne. - Google Streetview

L'affaire a été prise très au sérieux par le rectorat de Toulouse. Une semaine avant l'assassinat de Samuel Paty, un incident a éclaté dans le lycée de Muret, au sud de Toulouse, à l'occasion d'un enseignement d'éducation morale et civique au cours duquel le port du voile a été abordé.

Ce vendredi 9 octobre, l'enseignante évoque le thème de l'égalité homme-femme avec des lycéens de Première d'un CAP. Le cours portait sur les "droits et obligations des citoyens parmi lesquels il y a la laïcité", selon le rectorat de Toulouse. À cette occasion, le sujet du port du voile dans l'espace public a été abordé. La discussion vire au débat.

"Jusque là, rien d'anormal, avec un débat qui s'engage dans la classe et un professeur qui explique. Mais c'est à l'interclasse que l'incident a lieu avec cette insulte de la part de l'élève, au sujet du voile", a encore précisé le rectorat.

"Apologie de la charia"

À l'interclasse, une lycéenne, qui n'a pas participé au cours, va voir la professeure, lui reproche ce débat et l'insulte copieusement. Elle lui dit notamment qu'elle ne viendra plus à son cours car "elle n'a pas le droit d'aborder la question du port du voile", explique Philippe Destable, directeur académique adjoint de Haute-Garonne. Deux de ses camarades viennent la soutenir.

"Il y a eu une apologie de la charia par des élèves", affirme le directeur adjoint de l'académie.

Des surveillants ainsi que la conseillère principale d'éducation doivent intervenir. Le proviseur est immédiatement prévenu. Ils mettent à l'écart la jeune fille qui est alors renvoyée chez elle. D'autres mesures sont prises, avec, le 12 octobre, le lancement d'une procédure d'exclusion à l'égard des trois élèves de cet établissement, où des comportements ont déjà fait l'objet de signalements.

"La devise de notre République, c'est liberté, égalité, fraternité, et cela repose sur la laïcité, tranche Carole Delga, la présidente de la région Occitanie. La laïcité, ce n'est pas la négation des religions, c'est, qu'en France, on est libre de croire ou de ne pas croire. Mais cette croyance se fait dans la sphère privée, dans la sphère publique, ce sont les lois de la République qui commandent notre organisation."

"Pas un fait isolé"

L'enseignante, qui a continué à poursuivre ses cours, soutenue par sa hiérarchie, s'est rendue à la gendarmerie pour porter plainte. Mardi, la lycéenne à l'origine de l'incident a été mise en examen pour "outrage à personne chargée d'une mission de service publique". Elle fait également l'objet d'une mesure de liberté surveillée préjudicielle.

Ce type d'incident se multiplie dans les établissements scolaires. "Ce n'est pas anecdotique, d'autant plus que ce qu'il s'est passé à Muret fait tristement écho avec ce qu'il s'est passé dans l'actualité, note Cyril Lepoint, secrétaire départemental UNSA éducation. Depuis 2015, on observe que ce type d'incident arrive et que ça peut se passer dans n'importe quelle salle de classe." Ces difficultés se rencontrent principalement lors des cours d'histoire-géographie, de SVT, notamment sur la question de "la théorie de la création du monde" et lors des cours d'EPS.

Le recteur de l'académie de Toulouse a indiqué ce jeudi matin sur BFMTV prendre très au sérieux ce type d'incident et avoir souhaité "être informé de tous les faits de cette nature". Avec l'objectif d'"apporter une réponse adéquate et soutenir nos professeurs, car c'est la moindre des choses".

"Ce n'est pas un fait isolé parce que le système de signalement que nous avons mis sur pied a recensé un peu plus de 900 faits de ce type au cours de l'année scolaire dernière", a rappelé sur Europe 1 Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale, qui assure de "son soutien" à l'enseignante.

Article original publié sur BFMTV.com