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En 2021, les femmes ne sont toujours pas prises au sérieux à cause de leur physique

Laetitia Reboulleau
·5 min de lecture
Portrait of confident female artist looking at camera. She has the financial freedom to do what she likes.
© Getty Images

L'apparence physique a-t-elle un rapport avec les capacités intellectuelles ou le professionnalisme d'une personne ? La réponse est non, évidemment. Mais encore aujourd'hui, de nombreuses personnes estiment qu'il est essentiel de "bien présenter" pour être pris au sérieux dans le monde du travail. Résultat : les personnes qui ont préféré adopter des looks un peu détonnants ou qui paraissent jeunes sont souvent considérées comme moins compétentes que les autres. Une erreur d'appréciation qui prouve que les mentalités ont encore besoin d'évoluer.

"Tu ne devrais pas te faire tatouer, ça risque de te pénaliser quand tu voudras chercher du travail." "Ça ne dérange pas ton employeur, tes cheveux roses ?" "Ah, tu es la petite stagiaire, c'est ça ?" Ces phrases, vous les avez peut-être déjà entendues dans le monde du travail, si votre look sort de l'ordinaire ou si vous avez l'air plus jeune que votre âge. Sur le papier, elles sont prononcées sous couvert de bienveillance, parfois de paternalisme. Mais elles touchent en plein coeur les personnes concernées qui sont lassées d'être jugées en fonction de leur apparence physique... comme si cette dernière avait une quelconque influence sur leur légitimité dans le monde du travail.

"J'ai fini par teindre mes cheveux en brun pour être prise au sérieux"

Au début de sa carrière, Tiffany a été victime non seulement de sexisme, mais également de la réputation que peuvent avoir les blondes, et de toutes les blagues qui vont avec. "Je suis opticienne, et quand j'ai commencé ma carrière à 19 ans, entre mon jeune âge et ma couleur de cheveux, c'était l'enfer. On ne voulait pas me parler, mes collègues masculins étaient toujours sollicités à ma place, ma parole n'avait pas vraiment de crédit... J'ai même été appelée "gamine" par un client, se remémore-t-elle avec colère. La solution ? Passer par la case coloration. "J'ai vu la différence quand je suis devenue brune. J'avais l'air plus sérieux, plus âgé, et j'ai vite remarqué que j'étais plus écoutée."

Elisa, elle, refuse de changer son style. Interne en médecine dans un hôpital breton, elle a les cheveux bleus vif et ne voit pas en quoi ça l'empêcherait de sauver des vies. "On me dit souvent que les patients ne me prendront pas au sérieux, à part si je bosse en pédiatrie. Quand je dis à des inconnus que je serai bientôt neuro-chirurgienne, avec mon style, on me regarde de travers. Mais pour moi, il est important de prouver que l'on peut avoir un look atypique sans pour autant tomber dans les clichés. Si un hôpital me demande de revenir à une couleur plus naturelle, ce n'est pas un hôpital pour moi, et mes supérieurs semblent l'avoir bien compris."

Vidéo. Nesrine Slaoui évoque toutes ces étiquettes qui lui ont été collées et qui lui collent encore à la peau.

"On m'a reprochée d'être trop féminine dans un milieu très masculin"

L'idée d'adopter les codes du milieu dans lequel on travaille peut être tentante pour se fondre dans la masse, mais Clara n'a jamais vraiment compris l'intérêt. "Mon tout premier stage dans le milieu de la post-production m'a marquée à vie. Le dernier jour, mon patron m'a dit que j'avais fait de l'excellent travail, mais qu'à l'avenir, je devrais faire plus attention à mon look." Le tort de la jeune femme ? Un look très féminin, à base de petites robes, de talons hauts, de maquillage. "Dans un milieu très masculin, le stéréotype de la nana très 'garçon manqué', même si je n'aime pas cette expression, est toujours assez fort."

Au quotidien, Clara prend désormais plaisir à jouer de cette différence, et assume pleinement son look ultra féminin, d'autant qu'elle a un atout dans sa manche : talentueuse, elle a très vite atteint des postes rarement accessibles à des personnes ayant encore la vingtaine. "Généralement, je ne donne pas mon âge à mes clients lorsque je fais des prestations qui sont habituellement assurées par des hommes qui ont cinq ou dix ans de plus que moi. J'attends la fin de la presta pour donner fièrement mon âge."

"Beaucoup de mecs ne pensent pas qu'une femme puisse être jolie et intelligente"

De nombreuses études l'ont prouvé : les femmes minces et les femmes qui se maquillent ont plus de chance d'être prises au sérieux dans l'univers professionnel que les personnes en surpoids ou les adeptes du no make-up. Mais la notion de beauté peut également être évoquée dans certains domaines. Noémie, notamment, avoue avoir souffert de sa beauté, qui empêchait parfois les gens de la prendre au sérieux. "Quand j'étais en agence de pub, je bossais pour un gros client et souvent jusqu'à très tard la nuit. À chaque fois que je présentais les projets, mon boss était présent. À la fin, quand il y avait des questions, c'était à lui qu'on les posait... Alors qu'il avait généralement découvert la présentation dans le taxi pour y aller puisque je bossais jusqu'au petit matin pendant qu'il roupillait." Le tout avec une constatation : "Beaucoup de mecs ne pensent pas qu'une femme puisse être jolie et intelligente."

Capucine, ancienne blogueuse beauté, a connu l'opposée. Cette dernière subissait régulièrement des critiques au sujet de son apparence : "Des lecteurs visiblement biberonnés aux diktats me disaient que je n'avais 'pas le droit' d'avoir un blog beauté, parce que je n'étais 'pas assez belle pour ça'", reproche-t-elle. Au fil des années, la jeune femme qui a multiplié les casquettes tire une triste constatation : "Être une femme et mener sa carrière comme bon nous semble sera toujours une source de jugement." Car après tout, au-delà de l'apparence de ces femmes qui sortent du moule, le problème est peut-être plus profondément ancré, directement dans leur genre.

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