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Emmanuel Macron défend sa stratégie sécuritaire en visite à Montpellier

·6 min de lecture

À un an de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron défend, lundi, lors d'une visite dans un commissariat de Montpellier, sa politique sécuritaire, jugée trop laxiste par la droite. Accompagné du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, le président cherchera à rassurer les policiers lors d'une rencontre en fin de matinée.

En visitant un commissariat puis un quartier populaire de Montpellier, Emmanuel Macron défend, lundi 19 avril, sur le terrain sa politique de "sécurité du quotidien", jugée beaucoup trop timide par la droite à un an de la présidentielle.

Cette nouvelle offensive sur le régalien a été lancée par un long entretien au Figaro dans lequel le chef de l'État affiche sa fermeté, au moment où la France doit faire face, selon lui, "à une forte augmentation des violences sur les personnes".

Accompagné du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, Emmanuel Macron cherchera à rassurer les policiers avec lesquels il échangera à l'Hôtel de police en fin de matinée.

Accaparé par la gestion de la crise du Covid-19, il s'exprimera pour la première fois sur le sujet depuis le lancement en février du "Beauvau de la sécurité" qu'il avait annoncé à l'automne en pleine polémique sur les violences policières. Cette vaste consultation doit poser les fondements d'une "ambitieuse loi de programmation de la sécurité intérieure à l'horizon 2022", selon le Premier ministre, Jean Castex.

Emmanuel Macron doit également promouvoir la loi sur "la sécurité globale", adoptée par le Parlement mi-avril malgré une vive contestation des défenseurs des libertés publiques.

La visite du chef de l'État a été marqué, lundi matin, par une attaque dans le quartier des Beaux-Arts, jouxtant le centre ancien. Un piéton a été grièvement blessé par trois balles, deux à la poitrine et une dans le dos. Son pronostic vital est engagé, selon une source policière.

Le tireur a pris la fuite dans un véhicule léger et l'arme, dont le type n'a pas été précisé, a été retrouvée sur place. La police judiciaire a été saisie de l'enquête.

"La violence s'est développée"

Dans la matinée, Emmanuel Macron a discuté à l'Hôtel de police de Montpellier avec une dizaine de policiers représentants les différents services. Quelques manifestants tenus à distance l'ont hué à son arrivée.

"Notre travail essentiel est la lutte contre le trafic de drogue. On a affaire à des jeunes plus organisés qu'avant, plus armés, qui se sont plus organisés avec les confinements", a témoigné Ludivine, seule femme policière de la Bac. "On a affaire à des récidivistes, toujours les mêmes, une grosse cinquantaine à Montpellier".

La "violence s'est développée" durant les "gilets jaunes", a raconté un policier. En 2018, "on a eu pas mal de blessés. On était 12 face à 300 manifestants qui voulaient envahir la gare. On a réussi à les contenir. Mais on manquait d'effectifs".

"Avez-vous vu un changement après ?", a demandé le président. "Oui, les manifestants sont devenus plus pros. Ils n'hésitent pas à venir au contact. C'est une véritable armée qu'on a en face", a-t-il répondu, en soulignant l'importance des drones et des caméras de surveillance de la ville.

Autre sujet brûlant, la captation d'images. "Les jeunes délinquants sont sans cesse en train de filmer les policiers. Mon fils de 16 ans ne parle pas de ma profession au lycée", a expliqué un policier.

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a rappelé que les caméras-piétons portées par les forces de l'ordre seraient déployées à partir de juillet.

"Plus de bleu sur le terrain en 2022 qu'en 2017"

Dans l'entretien donné au Figaro, le président avait déjà défendu sa stratégie depuis quatre ans, notamment sa décision d'augmenter de 10 000 membres les effectifs des forces de l'ordre d'ici la fin du quinquennat.

"Chaque Français verra plus de bleu sur le terrain en 2022 qu'en 2017. Ça rassure les gens, ça dissuade les délinquants. Je me bats pour le droit à la vie paisible", assure-t-il.

Ainsi, il devrait annoncer 50 policiers supplémentaires à Montpellier d'ici fin 2022. La création d'une "école de guerre avec de la formation continue" pour les policiers ainsi que la modernisation de leur uniforme et le remplacement de la casquette par un calot seront également au programme.

Dans Le Figaro, il donne la priorité à la lutte contre les trafics de stupéfiants, qui "explosent" et "forment la matrice économique de la violence dans notre pays". "Les éradiquer par tous les moyens est devenu la mère des batailles, puisque la drogue innerve certains réseaux séparatistes mais aussi la délinquance du quotidien", selon lui.

"Le narcobanditisme fait de plus en plus d'émules dans les cités sensibles" des grandes villes du sud, comme Montpellier, Avignon ou Perpignan, avait souligné le directeur de la zone Sud de la police judiciaire, Éric Arella, en début d'année. Le nombre de règlements de compte a ainsi plus que doublé en 2020, à 14 contre 6, sur la zone de la PJ de Montpellier.

"Échec total"

Après le commissariat, Emmanuel Macron se rendra dans le quartier de la Mosson, au nord-est de la ville, pour échanger sur la prévention de la délinquance avec les acteurs de terrain au Centre social de la Caisse d'Allocations Familiales (CAF).

Dans ce Quartier de reconquête républicaine (QRR), 58,4 % des 21 650 habitants vivent sous le seuil de pauvreté et le taux de chômage atteint 47 %.

Le 1er novembre, le quartier avait fait parler de lui : une fusillade y avait éclaté en plein jour et une balle perdue était venue se loger dans le mur de la chambre d'une petite fille.

Selon une récente étude de l'institut Elabe, les électeurs citent à égalité l'emploi (31 %), le pouvoir d'achat (31 %) et la sécurité (30 %) comme les thèmes qui compteront le plus dans leur choix à l'élection présidentielle de 2022.

Parmi les candidats déjà lancés, Xavier Bertrand (ex-LR) a dénoncé, dimanche, l'"échec total" d'Emmanuel Macron sur la sécurité.

"Quand vous êtes président de la République, vous n'annoncez pas, vous faites. Il est président depuis 2017 : les effectifs de police et de gendarmerie, ils sont où ?", a interrogé lundi la maire LR du VIIe arrondissement de Paris et ex-ministre de la Justice Rachida Dati.

À l'extrême droite, la présidente du RN, Marine Le Pen, a brocardé "le Président du chaos, de la violence partout", qui "nous vend aujourd'hui 'la vie paisible'".

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a opposé, lundi matin sur Europe 1, aux critiques les mesures prises depuis le début du quinquennat, en particulier "près de 2 milliards d'euros de budget en plus pour la sécurité, le renouvellement du parc automobile, et le paiement des heures supplémentaires" des forces de l'ordre.

Avec AFP