EADS : l'Allemagne et la France pourrait abaisser leur participation à 12% (presse)

COURS LIÉS

SymboleCoursVariation
DAI.DE68,310,41
BA127,550,27
MMB.PA29,750,03


(AOF) - Les inquiétudes d'ingérence des Etats dans les affaires d'EADS (Euronext: EAD.NX - actualité) pourraient se diluer au même titre que la participation de l'Allemagne et de la France au capital du groupe. Selon le quotidien allemand Handelsblatt, les deux pays ont conclu un accord qui prévoit de diminuer leur participation respective de 15% à 12% au capital d'EADS. En tenant compte de la participation de l'Espagne, les Etats détiendraient in fine 30% du capital du groupe européen d'aéronautique et de défense.

A l'heure actuelle, l'Etat français détient 15% des parts, Lagardère (Paris: FR0000130213 - actualité) , 7,5% d'actions et autant de droits de vote pour les deux, soit 22,5%.

Cependant Arnaud Lagardère, le PDG du groupe éponyme a déclaré le 13 novembre dernier à l'occasion de la publication du chiffre d'affaires trimestriel, qu'il se séparerait de sa participation de 7,5% dans EADS ® très probablement ¯ en 2013.

Outre-Rhin, l'Allemagne dispose de 15% d'actions d'EADS à travers Daimler (Xetra: 710000 - actualité) , mais 22,5% des droits de vote. Un consortium de sept banques allemandes (Dedalus) possède les 7,5% d'actions restantes.

Le constructeur automobile allemand négocie également la cession de la moitié de ses 15% au capital d'EADS à la banque publique allemande Kfw (autrement dit à l'Etat) avant de vendre le solde de ses parts à une date ultérieure.

Par ailleurs, Paris, Berlin et Lagardère sont liés par un pacte d'actionnaires qui est voué à se rompre une fois qu'un actionnaire sort du capital ce qui devrait arriver sous peu. Signé lors de la création du groupe en 2000, le pacte conclu entre les actionnaires prévoit une parité franco-allemande ce qui néanmoins est voué à être conservé en dépit d'une diminution de la participation respective des deux Etats.




AOF - EN SAVOIR PLUS


- Forte implantations dans les pays émergents (environ 50% de l'activité) et auprès de leurs compagnies aériennes ;
- Succès commercial de l'A380 ;
- Trésorerie importante alimentée par les avances sur commandes ;
- Retour de la distribution de dividendes.

Les points faibles de la valeur
- Visibilité et dynamique boursière brouillées par l'ouverture de négocations en vue d'un projet de fusion avec le britannique BAE dans la Défense (opération jugée défensive, forts risques d'intégration, dilution de la dynamique d'Airbus (Paris: NL0000235190 - actualité) dans le nouvel ensemble, risque de détournement de programmes complexes comme A350) ;
- Déficit de confiance auprès des investisseurs après une succession de difficultés pour exécuter ses grands programmes dans le passé ;
- Risques persistants sur le programme A350 XWB ;
- Forte exposition aux fluctuations de l'euro/dollar ;
- Secteur du transport aérien pénalisé par le durcissement des conditions de crédit ;
- Activités Défense exposées à des pressions supplémentaires des gouvernements dans un environnement budgétaire contraint.

Comment suivre la valeur
- Forte corrélation des résultats d'EADS à ceux d'Airbus ;
- Performances étroitement liées à la santé des compagnies aériennes, en raison de l'importance de l'aviation civile dans son chiffre d'affaires ;
- Prévisions de livraisons d'avions = indicateur clé pour évaluer la santé des compagnies aériennes ;
- Annonces de nouvelles commandes lors des salons aéronautiques. A suivre notamment ceux dans les pays émergents (en septembre en Chine et en novembre à Duba?);
- A suivre également le développement de la production aux Etats-Unis pour étendre la base de coûts en dollars et accroître la compétitivité par rapport à son concurrent Boeing ;
- A suivre, les négociations en cours avec BAE ainsi que le tour de table d'EADS et l'évolution du Directoire (sortie très probable à terme de Daimler et Lagardère).
- A surveiller également les ambitions de la Chine dans l'aviation civile.

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Aéronautique - Défense
Les grands avionneurs sont optimistes pour 2012 car ni le ralentissement économique mondial, ni la crise de la dette européenne, ni les incertitudes au Moyen Orient, ne suffisent à freiner la croissance du trafic aérien . La demande en nouveaux avions reste par conséquent toujours aussi forte, même si le financement des achats d'avions plus ® écologiques ¯ comme l'A320 NEO ou le B737 Max Boeing, reste assez difficile. Boeing (NYSE: BA - actualité) a revu à la hausse ses prévisions du marché aéronautique à vingt ans. Il anticipe désormais la livraison de 34.000 nouveaux avions pour 4.500 milliards de dollars (3.600 milliards d'euros) sur la période. Jusqu'à présent il prévoyait plutôt 33.500 avions pour 4.000 milliards. L'avionneur américain table sur une croissance de 5% du trafic passagers mondial par an d'ici à 2030. Ces estimations sont partagées par Airbus.