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La dysphorie de genre chez l’enfant : comprendre et accompagner

·3 min de lecture

Le Pr Philippe Duverger le rappelle d’emblée : « la dysphorie de genre n’est plus considérée comme une pathologie. Aujourd’hui, on parle plus volontiers de non-congruence de genre. C’est-à-dire l’incongruence (la mauvaise adaptation, ndlr), entre un sexe biologique et un vécu psychologique associé à l’autre genre. Il est important de ne pas stigmatiser ». Car il arrive que cette non-congruence entraîne des questionnements, voire une souffrance qui peut s’exprimer très tôt. Premier volet de cette interview : comment, en tant que parent, accompagner ces questionnements chez l’enfant ?

Destination Santé : Recevez-vous beaucoup d’enfants et de jeunes sur ce sujet ?
Pr Duverger : Au CHU d’Angers, nous accueillons, entre autres, des enfants et des adolescents qui se posent des questions sur leur genre et qui peuvent en souffrir. Lors de mes débuts il y a 25 ans, je n’avais aucune demande sur le sujet. Maintenant, c’est deux par mois. Le questionnement est réel et les demandes augmentent. Cependant, il faut souligner qu’il existe une différence entre les enfants jusqu’à 11 ans et les adolescents. Les plus jeunes sont dans le constat qu’ils se sentent mal, cela s’impose à eux. Concernant les ados, dans mon expérience, on est davantage dans un questionnement normal mais qui prend plus d’ampleur du fait sans doute de la médiatisation du sujet. Il y a parfois une quête identitaire, une revendication de quelque chose qui n’existe pas chez l’enfant.

DS : Quel peut être le rôle des parents pour accompagner ce questionnement ?
Pr D. : Il faut être attentif à ce que l’enfant peut dire, montrer ou présenter ; au fait que, progressivement, il ou elle semble davantage s’identifier aux critères qui, dans le contexte social et culturel de nos sociétés, appartiennent plutôt au sexe opposé. Pour un petit garçon, le fait d’aimer porter des jupes ou se maquiller, par exemple. Qu’il le fasse une fois, par curiosité, par provocation, pas de problème. Quand ça se répète et s’inscrit dans la durée, les parents peuvent en parler avec lui pour lui permettre de ne plus être tout seul avec un questionnement qui peut être douloureux pour lui. On peut lui demander : « tu aimes bien t’habiller comme ça ? », « comment tu te sens ? », « comment ça va, avec les copains et les copines ? », « est-ce que tu as eu des réflexions ? ». C’est d’ailleurs souvent par-là que la souffrance commence, à cause du regard des autres, les adultes y compris.

DS : A quel moment et qui conseillez-vous de consulter ?
Pr D. : C’est une question qui nécessite beaucoup de temps. Il y a des enfants qui aiment bien s’habiller en fille ou en garçon, et qui s’arrêtent là. Il y en a d’autres qui ont envie de changer de prénom, certains seulement à la maison, d’autres aussi à l’école… Il faut avant tout prendre le temps de discuter avec l’enfant et voir si c’est quelque chose de fondamental, crucial pour lui, pour mesurer l’intensité du questionnement. S’il persiste, on peut l’emmener voir le médecin traitant qui le connaît bien et qui saura l’orienter vers les spécialistes de l’enfance de l’hôpital le plus proche. Ce n’est pas parce qu’il a mis une robe une fois qu’il faut l’emmener immédiatement chez le médecin.

DS : Pourquoi ne faut-il pas se précipiter chez le médecin ?
Pr D. : Aller tout de suite consulter les meilleurs spécialistes, surtout dans le cas d’un enfant, est une erreur car on est là dans la dramatisation, dans l’excitation plus que dans la réflexion, la compréhension, l’accompagnement. A peine l’enfant a-t-il évoqué le sujet qu’on cherche déjà le porter ailleurs. Au contraire, il faut pouvoir partager ce questionnement, et il y en aura d’autres parce que c’est un long chemin. Il faut surtout que les parents acceptent d’entendre des questionnements de cet ordre avant d’aller consulter. S’ils n’entendent pas, ne supportent pas, dénient… C’est bien sûr l’autre attitude à éviter : il faut accepter l’idée que c’est un cheminement, qui prend du temps, et surtout pas lui dire : « ça te passera, c’est rien ».

A noter : à lire demain la fin de l’interview du Pr Philippe Duverger, avec un volet consacré à la non-congruence de genre chez l’adolescent.

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