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Un duo jihadiste accusé d'un projet d'attentat à Marseille avant la présidentielle 2017 renvoyé aux assises

·2 min de lecture
Clément Baur (G) et Mahiedine Merabet le 18 avril 2017

Un juge d'instruction antiterroriste a ordonné vendredi un procès pour un duo jihadiste accusé d'un projet d'attentat d'ampleur, potentiellement contre un meeting de Marine Le Pen quelques jours avant la présidentielle 2017, a appris l'AFP mercredi de source judiciaire.

Au terme de vastes investigations, coordonnées avec les polices belge et allemande, les Français Clément Baur et Mahiedine Merabet, 28 et 34 ans aujourd'hui, doivent comparaître devant les assises pour "association de malfaiteurs terroriste" criminelle.

A leurs côtés figureront dix hommes soupçonnés à des degrés divers de les avoir accompagnés dans leur projet terroriste, sans forcément connaître l'objectif précis qui était le leur, mais en fournissant transport, cache, armes ou munitions.

Le mardi 18 avril 2017, Baur et Merabet sont arrêtés à Marseille par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à cinq jours du premier tour de l'élection présidentielle et alors que les services de sécurité des candidats sont sur les dents.

Dans leur appartement, les enquêteurs découvrent "plus de 3,5 kg de TATP", explosif artisanal prisé des jihadistes. Une partie est prête à l'emploi, une autre sèche sur des étagères, 250 grammes sont déjà dans une salière avec une mèche pour constituer une grenade.

Selon l'ordonnance de mise en accusation du 23 juillet consultée par l'AFP, plusieurs armes et des munitions sont également saisies, mais également des supports numériques, comprenant notamment la photographie d'une mise en scène: une tablette affiche une vidéo du groupe État islamique (EI) montrant des enfants blessés, près du journal Le Monde avec François Fillon en Une, des armes, et des dizaines de munitions disposées de manière à écrire "la loi du talion".

Au cours de l'instruction, Merabet conteste tout projet d'attentat mais admet toutefois avoir envisagé "un petit coup d'éclat" avec la salière de TATP près du meeting de Marine Le Pen, prévu le lendemain. Avant d'y renoncer de lui-même, assure-t-il.

Clément Baur reconnaît avoir évoqué avec son complice un projet meurtrier mais affirme s'être ravisé, assurant n'avoir sérieusement envisagé que des "dégâts matériels" sur une "cible institutionnelle", en représailles aux frappes en Syrie.

"Nous réfléchissons avec Clément Baur à interjeter appel de cette ordonnance de renvoi", ont indiqué ses avocats, Me Charlotte Cesari et Jérôme Susini. Me David Apelbaum et Romain Ruiz, avocats de Mahiedine Merabet, "réservent leurs déclarations pour la cour".

gd/bl/ito/or

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