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Duhamel accusé d'inceste: le frère de Camille Kouchner entendu par les enquêteurs

Eleonore DERMY, Benjamin LEGENDRE
·4 min de lecture

L'enquête judiciaire sur l'affaire Olivier Duhamel avance à grand pas, avec l'audition jeudi de "Victor", dont la sœur jumelle Camille Kouchner a affirmé dans un livre qu'il avait été violé à l'adolescence par leur beau-père.

Une semaine après sa sœur, "Victor" a été entendu par les policiers de la Brigade de protection des mineurs (BPM) chargés depuis le 5 janvier de l'enquête ouverte pour "viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans", selon une source proche du dossier et le parquet de Paris, confirmant une information du Parisien.

Selon une source proche du dossier, cet homme aujourd'hui âgé de 45 ans est revenu longuement sur les faits révélés par sa sœur dans "La Familia Grande", paru le 7 janvier.

Dans ce récit autobiographique de 200 pages, à la parution duquel "Victor" ne s'est pas opposé, Camille Kouchner accuse M. Duhamel, politologue de renom et influent, ancien eurodéputé et habitué des médias, d'avoir agressé sexuellement son jumeau à la fin des années 80.

Selon son récit, les agressions auraient duré "un an" ou "des années". "Deux ou trois. Je ne sais pas", écrit la fille de l'ancien ministre Bernard Kouchner et de la professeure de droit Evelyne Pisier (morte en 2017), qui s'était remariée avec Olivier Duhamel.

"Victor" avait été interrogé dans une première procédure ouverte en 2011, mais avait alors refusé de déposer plainte pour ces faits, probablement prescrits. L'enquête avait été "classée sans suite", a indiqué le 5 janvier dans un communiqué le procureur de Paris Rémy Heitz, sans motiver cette décision.

La nouvelle enquête ouverte à la parution de livre vise à vérifier que les faits sont bien prescrits depuis 2003,"à faire la lumière" sur cette affaire et à "identifier toute autre victime potentielle", selon M. Heitz.

Les accusations portées par Camille Kouchner ont provoqué la démission d'Olivier Duhamel de la présidence de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), qui chapeaute Sciences Po, de celle du club d'influence "Le Siècle" et la fin de ses collaborations avec LCI ou Europe 1.

L'avocate du politologue, Me Frédérique Baulieu, a démenti jeudi que son client était parti en Suisse comme l'a affirmé le Parisien. "Cette information est inexacte", a-t-elle indiqué dans un communiqué transmis à l'AFP. "Il est et reste à Paris depuis le 4 janvier 2021 à la disposition des enquêteurs."

- Débat de société -

Plusieurs proches de M. Duhamel ont été éclaboussés par ces révélations.

Le préfet Marc Guillaume, membre du conseil d'administration du "Siècle" et ex-secrétaire général du gouvernement, a quitté les fonctions dans lesquelles il avait travaillé avec Olivier Duhamel. L'ancienne ministre Elisabeth Guigou a, elle, quitté la présidence de la Commission sur l'inceste et les violences sexuelles subies pendant l'enfance.

L'actuel directeur de Science Po, Frédéric Mion, a lui aussi été mis en difficulté par des informations de presse selon lesquelles il connaissait depuis 2019 les accusations portées contre M. Duhamel.

Plus généralement, le livre de Mme Kouchner a rouvert le débat sur l'inceste, un sujet profondément tabou et encore minimisé alors qu'il serait massif en France avec près d'une personne sur dix potentiellement touchée.

Le mot-dièse #Metooinceste suscite depuis samedi "des centaines" de témoignages sur Twitter, selon le mouvement féministe #Noustoutes.

Plusieurs voix se sont élevées pour demander un durcissement de la loi contre l'inceste, et certaines plaident pour rendre ce crime imprescriptible.

Au moment où se sont déroulées les agressions que "Victor" dit avoir subies à la fin des années 1980, la loi prévoyait qu'une victime mineure pouvait porter plainte pour "viol par ascendant" pendant dix ans à compter de sa majorité. Deux lois, depuis, ont allongé ce délai de prescription, à vingt ans en 2004 puis trente ans en 2018, mais elles ne sont pas applicables aux faits déjà prescrits.

Jeudi, le Sénat a voté une proposition de loi visant à créer un nouveau crime sexuel pour protéger les mineurs de moins de 13 ans, enrichie en dernière minute par des mesures spécifiques à la lutte contre l'inceste.

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