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Double meurtre dans les Cévennes : quatrième jour de traque avec des moyens revus à la hausse

·5 min de lecture

Forces de l'ordre et enquêteurs doivent encore s'échiner pour retrouver la piste de Valentin Marcone, cet homme de 29 ans soupçonné d'avoir abattu son patron et un collègue mardi dans une scierie des Plantiers dans le Gard, avant de prendre la fuite.

Le jour s'est levé, et les recherches reprennent au coeur des Cévennes. Les enquêteurs, appuyés par le GIGN, huit hélicoptères, des équipes cynophiles, et un effectif de gendarmes passé de 300 à 350, traquent Valentin Marcone, dans les forêts gardoises depuis désormais quatre journées. Depuis que le jeune homme est soupçonné d'avoir abattu, mardi, son patron et l'un de ses collègues dans une scierie de la commune des Plantiers. Des recherches rendues plus urgentes encore par la conviction des forces de l'ordre que le fugitif est lourdement armé: il aurait emporté avec lui une arme de poing et un fusil de précision.

Un décor qui explique la difficulté de la tâche  

Le décor de la cavale du meurtrier présumé, sa topographie et la connaissance que celui-ci a des lieux expliquent en grande partie le manque de succès des gendarmes dans leur quête pour le moment.

Il a disparu dans la forêt de la Vallée-Borgne, un endroit qui oppose ses bois denses et ses nombreuses grottes - dont certaines ne sont pas cartographiées - à la vue des huit hélicoptères mobilisés, dont les cours d'eau gênent les facultés des chiens des équipes cynophiles, dont l'escarpement naturel rend la zone impraticable de nuit. Cette zone - un quadrilatère de 15 km de côté, soit 225 km2 - que Valentin Marcone connaît parfaitement pour y avoir souvent chassé, et s'y être entraîné au tir. 

"II a des avantages sur nous", a ainsi reconnu le général Philippe Ott, commandant en second de la région de gendarmerie PACA, lors d'une conférence de presse tenue ce jeudi. Mais les recherches infructueuses et l'accumulation des heures écoulées à scruter en vain cavités et vieilles souches commencent à peser de tout le poids du doute. Et la question d'élargir le périmètre des investigations se pose désormais.

"Tous les indices nous rendaient certains qu’il n’avait pas quitté la zone de recherches, qui reste prioritaire. Au fil des heures, nous avons une autre hypothèse, qu’il a quitté la zone. Il aurait quitté cette zone de confort et serait désormais plus loin", a ainsi noté Philippe Ott.

L'appel à témoins 

Selon nos informations ce vendredi, le fugitif a emporté des provisions avec lui, un stock de vivres qui pourrait prolonger l'attente. Pour y mettre fin, les autorités ont multiplié les recours. En plus de la traque proprement dite, elles ont ainsi diffusé un appel à témoins ce jeudi.

On y a découvert le visage juvénile et cerclé d'une fine paire de lunettes de Valentin Marcone, sa taille modeste - 1m70 -, sa corpulence moyenne, et la tenue qu'il portait au moment du drame: treillis vert et une veste de camouflage avec capuche. "Susceptible d'être porteur d'une arme de poing et d'une carabine de précision, il est considéré comme dangereux", peut-on encore lire.

L'affaire a déjà suscité de nombreux appels d'habitants de la région, une cinquantaine à la date de jeudi déjà. Mais aucun de ces signalements n'a permis à la gendarmerie d'ouvrir de nouvelle piste. Le procureur de la République de Nîmes, Eric Maurel, a émis un mandat d'arrêt national, autorisant par ailleurs les enquêteurs à fouiller toutes les maisons inoccupées de la zone de recherche prioritaire. Le magistrat, au cours de la même conférence de presse de jeudi, a de plus dressé un portrait succinct d'un suspect. 

Un portrait qui s'affine 

Certes, le meurtrier présumé est "un solitaire", présente le profil d'"un homme apte à la survie en milieu hostile". Pour autant, il n'est pas un "survivaliste", contrairement à ce qu'affirmait une information ayant circulé plus tôt. "Ce n'est pas un adepte de l'idéologie survivaliste pas plus qu'un paramilitaire", a tranché le procureur qui a tout de même souligné la "véritable dangerosité" du personnage.

Un changement récemment survenu dans le quotidien et le comportement de Valentin Marcone symbolise ce péril. Ces derniers jours, comme l'a noté Eric Maurel, il se rendait à son travail le torse protégé par un gilet pare-balles.

De père à père  

Son foyer venait pourtant d'accueillir un enfant il y a quelques semaines, la petite fille qu'il a eue avec son épouse. Le père de Valentin Marcone, Frédéric a d'ailleurs évoqué ce tableau familial à l'heure de prononcer un message audio destiné à son fils et transmis aux gendarmes jeudi.

"Iroise est magnifique, elle a dormi dans mes bras pendant deux heures, elle a besoin de toi, de son papa, Blandine a besoin de toi, elle est forte, elle a besoin de toi. Nous avons tous besoin de toi. Je t'aime, nous sommes tous avec toi, bisous, papa", souffle son père qui ajoute au cours de cet enregistrement: "J'ai la garantie qu'on ne fera pas feu si tu te rends maintenant, mon fils fais-moi confiance".

Dans l'espoir de le ramener à la raison, les gendarmes font dorénavant retentir cet appel paternel dans des haut-parleurs tandis qu'ils continuent de ratisser la forêt de la Vallée-Borgne. Jusqu'à présent cependant, seul le silence lui répond. 

Article original publié sur BFMTV.com

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