Marchés français ouverture 5 h 2 min
  • Dow Jones

    34 060,66
    -267,13 (-0,78 %)
     
  • Nasdaq

    13 303,64
    -75,41 (-0,56 %)
     
  • Nikkei 225

    28 119,07
    -287,77 (-1,01 %)
     
  • EUR/USD

    1,2228
    +0,0001 (+0,01 %)
     
  • HANG SENG

    28 593,81
    +399,72 (+1,42 %)
     
  • BTC-EUR

    33 682,55
    -3 389,86 (-9,14 %)
     
  • CMC Crypto 200

    1 146,32
    -106,83 (-8,52 %)
     
  • S&P 500

    4 127,83
    -35,46 (-0,85 %)
     

Dans son discours annuel, Poutine demande à l'Occident de ne pas franchir la ligne rouge

·4 min de lecture

Le président russe, Vladimir Poutine, a prévenu l'Occident qu'il devait s'abstenir de franchir de "ligne rouge", assurant que Moscou réagirait rapidement et durement à toute provocation qui obligerait ses auteurs à regretter leurs actes.

Vladimir Poutine a promis, mercredi 21 avril, à ses rivaux étrangers une riposte "dure" s'ils tentaient de s'en prendre à la Russie, sur fond de tensions croissantes avec l'Occident et avant des manifestations d'opposition menacées de répression.

Washington et l'Union européenne dénoncent depuis des semaines le déploiement de dizaines de milliers de soldats russes aux frontières de l'Ukraine. Ils critiquent sans relâche l'emprisonnement du principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, en grève de la faim depuis trois semaines et qui serait mourant selon ses proches.

Une promesse de riposte "asymétrique, rapide et dure"

Le président russe, dans son grand discours annuel, a adressé une mise en garde à ses adversaires étrangers. "Les organisateurs de provocations menaçant notre sécurité le regretteront comme jamais ils n'ont eu à regretter quelque chose", a-t-il martelé. "J'espère que personne n'aura l'idée de franchir une ligne rouge", a-t-il encore dit, promettant une riposte "asymétrique, rapide et dure".

Son porte-parole Dmitri Peskov a précisé aux agences russes que ces lignes concernaient les intérêts de Moscou, l'ingérence dans la vie politique intérieure et tout propos "insultant" pour le pays.

La Russie, du fait du conflit en Ukraine, de la répression de l'opposition, d'accusations de cyberattaques, d'espionnage et d'ingérences électorales est sous le coup de multiples sanctions occidentales.

Mais le seul dossier international précis abordé par Vladimir Poutine est celui d'une supposée tentative "de coup d'État et d'assassinat du président du Bélarus", révélée le weekend dernier par les services de sécurité des deux pays.

Vladimir Poutine a dénoncé le silence occidental, à la veille d'une rencontre à Moscou avec son homologue bélarusse, Alexandre Loukachenko, honni en Occident du fait de la répression brutale d'un mouvement de contestation depuis août 2020.

La crise sanitaire au cœur du discours

Sur le plan intérieur, la crise économique et sanitaire due au Covid-19 a figuré en bonne place du discours, d'autant que des législatives sont prévues en septembre.

Il a promis des aides supplémentaires aux familles ou encore de freiner l'inflation des prix alimentaires. "Le plus important maintenant est d'assurer la croissance des revenus des citoyens", a-t-il déclaré. Le pouvoir d'achat des Russes étant en berne depuis des années, sous l'effet des sanctions et désormais aussi de la pandémie.

À l'approche des élections, Vladimir Poutine reste populaire, mais son parti, réputé corrompu, ne l'est guère. Selon le baromètre de l'institut Levada de mars, les intentions de vote pour Russie Unie sont à 21 %. Une impopularité sur laquelle Alexeï Navalny comptait s'appuyer durant la campagne.

Sur le plan sanitaire, Vladimir Poutine a salué les succès scientifiques russes, avec l'élaboration de vaccins anti-Covid nationaux, qui doivent "permettre à l'immunité collective de se développer à l'automne".

Muet sur Navalny

Sans surprise, le président russe n'a dit mot au sujet du sort d'Alexeï Navalny, qui a cessé de s'alimenter le 31 mars pour protester contre ses conditions de détention. L'Occident réclame sa libération et la vérité sur son empoisonnement en août 2020 et dans lequel les services spéciaux seraient impliqués.

Dans l'espoir de peser le jour du discours présidentiel, ses partisans ont appelé à des manifestations dans une centaine de villes. "Pour obtenir des élections honnêtes et la libération de prisonniers politiques il faut des centaines de milliers, des millions de gens dans la rue et pas une fois, mais autant de fois que nécessaire", a estimé sur YouTube Léonid Volkov, un proche d'Alexeï Navalny qui s'est exilé.

La mobilisation semblait en province moins importante que lors de précédentes manifestations en janvier et février, lorsque des dizaines de milliers de Russes avaient manifesté, entraînant au moins 11 000 arrestations.

À Novossibirsk en Sibérie, ils étaient des centaines, selon une vidéo du Fonds de lutte contre la corruption d'Alexeï Navalny, scandant "Poutine tueur". À Tomsk, où l'opposant avait été empoisonné, une petite foule criait "Libérez-le".

À Moscou, les protestataires veulent se réunir à 16h-GMT près du Kremlin, mais la police devrait être là en nombre pour les en empêcher. L'ONG spécialisée OVD-Info comptabilisait mercredi à 13h-GMT 113 interpellations dans le pays. Des perquisitions ont en outre visé des cadres du mouvement.

L'épouse d'Alexeï Navalny, Ioulia, a quant à elle, publié une photo du couple avec leur deux enfants proclamant "Reviens vite !" Enfin, dès la semaine prochaine, la justice doit examiner une demande du Parquet visant à classer comme "extrémistes" les organisations liées à l'opposant, ce qui exposerait ses militants à des peines de prison.

Avec l'AFP et Reuters