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De la diplomatie aux attaques personnelles: ces 7 fois où le ton est monté entre Macron et Erdogan

Hugues Garnier
·5 min de lecture
Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron lors d'un sommet sur la crise syrienne à Istanbul, en Turquie, le 27 octobre 2018 - OZAN KOSE / AFP
Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron lors d'un sommet sur la crise syrienne à Istanbul, en Turquie, le 27 octobre 2018 - OZAN KOSE / AFP

Entre Paris et Ankara, la tension est de nouveau palpable. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a une nouvelle fois appelé Emmanuel Macron ce dimanche à faire examiner sa santé mentale.

Une déclaration qui fait suite à la décision du président de rappeler son ambassadeur de France en Turquie après les propos jugés "inacceptables" par l'Elysée du président turc envers son homologue français.

"Tout ce qu'on peut dire d'un chef d'État qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c'est: allez d'abord faire des examens de santé mentale", avait déclaré samedi Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours télévisé.

Une prise de parole en réponse aux déclarations du président de la République sur le "séparatisme islamiste" et la nécessité de "structurer l'islam" en France. Si l'attaque est pour le moins virulente à l'égard d'Emmanuel Macron, ce n'est pas la première de la part d'Erdogan, cette dernière s'inscrivant dans des décennies de relations plus ou moins tumultueuses entre la France et la Turquie.

Les deux présidents se sont déjà écharpés à six autres reprises dans le passé, allant de l'incident diplomatique à l'invective .

L'arrestation du journaliste français Loup Bureau

En juillet 2017, quelques mois après l'élection d'Emmanuel Macron, le journaliste français Loup Bureau est arrêté à la frontière turco-irakienne. Les autorités turques l'accusent alors d'appartenir à "un groupe terrroriste armé" et l'emprisonnent.

Le chef de l'Etat fait alors part de sa "préoccupation" à Recep Tayyip Erdogan alors que la justice turque avait rejeté à deux reprises une demande de libération conditionnelle du journaliste. Loup Bureau est finalement libéré en septembre 2017 après 51 jours de détention.

Désaccords sur l'adhésion du pays à l'Union Européenne

En janvier 2018, Emmanuel Macron accueille son homologue turc à Paris. Une visite au cours de laquelle se tiendra une conférence de presse commune des deux chefs d'Etat. Ces derniers affichent clairement leur divergence notamment sur le sujet de l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne.

"Les évolutions récentes de la Turquie ne permettent aucune avancée dans le processus d'adhésion à l'Union européenne", avait déclaré alors le président de la République.

De son côté, Recep Tayyip Erdogan avait fait par de sa "fatigue" et de celle de son pays autour de cette procédure laborieuse. "On ne peut être en permanence en train d'implorer qu'on nous laisse entrer, et je le dis ici, en France", avait confessé le président turc.

Tensions autour de la crise syrienne

Quelques mois plus tard, Emmanuel Macron exprime sa "préoccupation" après l'offensive turque dans l'enclave syrienne d'Afrine", soulignant alors la "nécessité de permettre le plein accès de l'aide humanitaire".

Recep Tayyip Erdogan avait quant à lui exprimé plus tôt sa "gêne" vis-à-vis de "propos infondés" tenus au sujet de cette même offensive. Il avait par ailleurs répété au président français que cette opération visait à "écarter les menaces contre la sécurité nationale turque" et à "assurer la paix" dans cette région syrienne.

Fin 2019, le président turc rejette la proposition d'Emmanuel Macron visant à prolonger le cessez-le-feu en Syrie, estimant que la France qui avait rencontré des responsables des forces kurdes ne faisait que communiquer la proposition de "terroristes".

Macron "en état de mort cérébrale"

Si les deux chefs de l'Etat ne cachent pas leur désaccord sur la scène internationale, leur relation va prendre une tournure plus personnelle en novembre 2019. Dans un entretien accordé à The Economist, Emmanuel Macron avait déclaré que l'Otan était en état de "mort cérébrale", se référant notamment à une offensive menée par la Turquie en octobre 2019 contre une milice kurde soutenue par les pays occidentaux.

Répondant à Emmanuel Macron, Recep Tayyip Erdogan avait estimé que "ces déclarations ne siéent qu'à ceux dans ton genre qui sont en état de mort cérébrale" et critiqué l'amateurisme de son homologue français.

"Vous ne m'avez jamais entendu manquer de respect à l'égard de qui que ce soit", avait assuré le président de la République en guise de réponse.

Le président français accusé de "colonialisme" au Liban

En août dernier, le président turc avait accusé Emmanuel Macron de "colonialisme" et de "spectacle" après la visite du chef de l'Etat à Beyrouth, quelques jours après l'explosion qui avait dévasté une grande partie de la capitale libanaise.

Une nouvelle attaque qui intervient alors dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays, notamment en Méditerranée où la Grèce accuse la Turquie de réaliser des recherches illégales de gisements d'hydrocarbures dans ses eaux.

"Force est de constater que la Turquie n'est plus un partenaire dans cette région", a souligné Emmanuel Macron avant un sommet des pays du sud de l'Union Européenne.

Nouvelle discordance sur le Haut-Karabakh

Fin septembre, de violents combats éclatent entre les forces azerbaïdjanaises et les séparatistes de la région du Nagorny Karabakh, soutenus par l'Arménie. Un conflit que la Turquie est accusée d'alimenter à travers l'envoi de soutiens militaires à Bakou.

Emmanuel Macron a de son côté dénoncé le déploiement de "combattants syriens de groupes djihadistes" qui auraient transité par la Turquie avant de rejoindre le territoire séparatiste. Le président s'est par ailleurs entretenu par téléphone avec le président azerbaïdjanais avant de recevoir jeudi dernier le président arménien.

Si cette nouvelle crise diplomatique laisse entrevoir - là encore - une dégradation des relations entre le président français et le président turc, les deux pays n'ont pas coupé les ponts. Ni l'ambassade de France en Turquie ni l'ambassade de Turquie en France ne sont fermées et aucun membre de leur personnel n'a été expulsé. Signe que les relations diplomatiques entre les deux pays sont très loin d'être totalement rompues.

Article original publié sur BFMTV.com