Devises: l'euro teste les 1,30 dollar après les “minutes”.

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(CercleFinance.com) - Après une chute de près de 1,2% hier, la monnaie unique européenne se tassait encore ce midi face au billet vert, devise refuge par excellence. Publié hier, le compte-rendu (?minutes?) du dernier comité de politique monétaire de la Fed contenait une surprise de taille : les membres de la Fed exprimant leurs doutes quant aux QE s'avèrent plus nombreux que prévu. Vers 13 heures 40, l'euro perd donc encore 0,20% à 1,3004 dollar, après un point bas à 1,2998 dollar.

En revanche, l'euro se reprend face au yen (+ 0,84% à 114,87 yens), prend 0,15% face au sterling à 0,8118 et reste neutre contre le franc suisse à 1,2092 franc l'euro.

Depuis le début de cette jeune année, l'euro a perdu 1,4% contre le dollar, 0,1% contre le sterling et n'a pas enregistré de variation marquée contre le franc suisse ni face au sterling.

C'est donc hier que la Fed a publié le compte-rendu, appelé 'minutes', de son dernier comité de politique, le fameux FOMC, qui s'est tenu les 11 et 12 décembre dernier. Quelques rappels tout d'abord : le 13 septembre 2012, la Fed a lancé son 3ème plan d'assouplissement quantitatif, le ?QE 3?, qui portait sur le rachat de créances hypothécaires titrisées (MBS) à la cadence de 40 milliards de dollars par mois.

Ce QE, c'est-à-dire des rachats d'actifs qui intègrent et s'ajoutent au bilan de la Fed, a co-existé jusqu'au 31 décembre avec l'opération connue sous le nom de 'Twist II', c'est-à-dire l'arbitrage par la Fed des obligations d'Etat de court terme qu'elle détenait déjà au profit de papier de long terme.

Ensuite, le 12 décembre à l'issue du FOMC dont les 'minutes' ont été publiées hier, la Fed a annoncé le lancement du 'QE 4' : ce nouveau programme de rachats d'actifs, qui a débuté cette année après la fin de l'opération 'Twist II', porte sur des obligations d'Etat de long terme au rythme de 45 milliards de dollars par mois. Notons qu'à cette occasion occasion, la Fed avait aussi abaissé ses prévisions de croissance de 1,7-2% à 1,7-1,8% pour 2012, ainsi que de 2,5-3% à 2,3-3% pour 2013.

Quelques temps après le communiqué et la conférence de presse organisées dès le 12 décembre, la Fed a mis en ligne hier soir le compte-rendu de cette réunion. Qu'en retenir ? Comme on le savait déjà, seul un membre du FOMC, le patron de la Fed de Richmond Jeffrey Lacker, a voté contre le lancement du QE 4. En revanche, ces ?minutes? révèlent que le sentiment des membres du ?board? quant aux QE s'est sensiblement érodé, et que plusieurs participants - au-delà de M. Lacker - sont d'avis d'y mettre un terme avant fin 2013. Le (Paris: FR0000072399 - actualité) marché craint donc que les QE ne prennent fin plutôt que prévu, soit 2014 ou 2015 selon le consensus antérieur.

Un des paragraphes des minutes, dont voici quelques citations, a tout spécialement retenu l'attention. 'Si presque tous les membres (du FOMC) pensent que le programme de rachat d'actifs lancé en septembre a été efficace et qu'il a soutenu la croissance, ils considèrent aussi généralement que les effets positifs des rachats en cours sont incertains et que leurs coûts potentiels pourraient augmenter parallèlement au gonflement du bilan', indique le compte-rendu.

Un peu plus loin, on peut lire que 'quelques ('a few') membres ont exprimé l'opinion que les rachats d'actifs en cours pourraient être justifiés jusqu'à la fin de l'année 2013'. Et surtout : 'plusieurs ('several?) membres pensent qu'il serait probablement justifié de ralentir ou d'arrêter les rachats bien avant la fin de l'année 2013, invoquant des inquiétudes quant à la stabilité financière ou la taille du bilan? de la Fed.

Chez Natixis, on note que si la perception de la conjoncture économique et de ses perspectives par la Fed a peu changé, le retour du taux de chômage à 6,5% (contre 7,7% actuellement) n'est pas attendu ?avant 2015?. Rappelons que depuis le dernier FOMC, la Fed n'entend plus maintenir ses taux à un niveau exceptionnellement bas jusqu'à mi-2015, comme elle le disait précédemment, mais au minimum tant que le chômage sera supérieur à 6,5%, l'inflation ne devant pas dépasser de plus de 0,5 point de pourcentage l'objectif de long terme de 2%.

Natixis (Paris: FR0000120685 - actualité) souligne les discussions ?coûts/avantage? que les membres du FOMC ont formulé sur les QE, et souligne que les participants inquiets de la taille du bilan de la Fed semblent plus nombreux qu'on ne le pensait précédemment. Selon la banque d'affaires, les QE devraient se poursuivre ?au moins? jusqu'à la fin de l'année. Au-delà, il conviendra de suivre de près les prochaines ?minutes? des comité de politique monétaire américains.

Selon Aurel BGC, ce compte-rendu 'a fait l'effet d'une douche froide' : 'il est possible que la banque centrale américaine retire la perfusion de liquidités dès cette année.'

Si les minutes contiennent aussi d'autres éléments, 'les investisseurs n'ont retenu que la nouveauté et commence à envisage que le caractère ultra-accommodant de la politique monétaire prendra fin un jour', ajoute Aurel BGC.

Dans ce contexte, les statistiques européennes de la matinée ont peu retenu l'attention. On a pourtant appris que la contraction avait continué de ralentir au cours du dernier mois de 2012 dans le secteur privé de l'Eurozone, d'après l'indice PMI Final Markit Composite qui se redresse de 46,5 en novembre à 47,2 en décembre, un plus haut de neuf mois.

L'indice se replie toutefois légèrement par rapport à son estimation flash (47,3) et reste en dessous de la barre du 50 du sans changement, marquant ainsi la 11ème baisse mensuelle consécutive de l'activité.

C'est l'industrie manufacturière qui enregistre les plus faibles performances, la production reculant pour le 10ème mois consécutif sur fond d'affaiblissement de la demande, tant sur les marchés intérieurs que sur les marchés à l'export.

'L'amélioration observée au cours de la dernière période d'enquête n'aura probablement pas suffi à éviter une accélération de la contraction sur l'ensemble du quatrième trimestre 2012 et les fortes disparités entre les pays devraient se maintenir dans les prochains mois', commente Chris Williamson, chief economist à Markit.

'Les dernières données de l'enquête semblent en partie conforter l'idée selon laquelle le plus fort de la crise est passé, et permettent d'espérer un retour à la croissance à l'horizon 2013', nuance-t-il.

En outre, le taux d'inflation annuel de la zone euro est estimé à 2,2% en décembre 2012, stable par rapport au mois de novembre, selon une estimation rapide publiée par Eurostat.

Cet après-midi en revanche, le rapport mensuel sur l'emploi US en janvier devrait, lui, être suivi de près. Le consensus tabler sur de 150.000 à 160.000 créations d'emplois non agricoles en décembre.

Ces chiffres marqueraient une certaine stabilité par rapport aux 146.000 du mois de novembre et le taux de chômage devrait être resté stable. 'Le ralentissement de sa baisse constitue une bonne nouvelle au regard de la nouvelle communication du Fed', note Aurel BGC.

Un cambiste nord-européen invite à modérer les inquiétudes : les minutes de la Fed font aussi longuement référence à l'emploi. Si un bon chiffre était publié cet après-midi, 'cela signifierait que les investisseurs attendent moins des QE, ce qui entraînerait probablement les marchés d'actions en baisse et le dollar en hausse'. Et inversement.

Outre les chiffres de l'emploi, les marchés prendront connaissance, cet après-midi aux Etats-Unis, des commandes à l'industrie pour novembre, ainsi que de l'indice ISM non manufacturier au titre de décembre.



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