Dans le Languedoc-Roussillon, les pieds-noirs sont une cible très courtisée

Au nord comme au sud de la région, les élus de droite et de gauche se disputent les faveurs des rapatriés d’Algérie à grand renfort de projets plus ou moins culturels.

Jumeaux ou faux frères ? Le Centre de documentation des Français d’Algérie (CDFA) de Perpignan, inauguré le 29 janvier dernier, et le musée de l’Histoire de la France en Algérie, qui doit ouvrir ses portes au printemps 2014 à Montpellier, comptent parmi les premiers lieux d’exposition consacrés à cette période coloniale en France. Nés chacun de la volonté d’un homme – l’ex-adjoint et désormais maire de Perpignan, l’UMP Jean-Marc Pujol, et l’ancien patron de l’agglomération de Montpellier, le socialiste Georges Frêche, décédé en 2010 – ces deux établissements visent le même but : rendre hommage à l’importante population de rapatriés en Languedoc-Roussillon, à son identité, à son poids dans le corps électoral (15,3%) et à son rôle économique considérable. Mais dans ce jeu communautaire, la cité catalane a pris un coup d’avance.

Pour les détracteurs du projet perpignanais, la première concession faite aux pieds-noirs est la délégation, par la ville, de la gestion du centre au Cercle algérianiste, «une association où les nostalgiques de l’OAS sont nombreux», s’insurge Roger Hillel, membre d’un collectif d’opposants, qui regrette l’accumulation de bibelots uniquement liés aux rapatriés, sans prise en compte du point de vue algérien. Jean-Marc Pujol assume : «Nous voulions regrouper le plus de souvenirs possible avant qu’ils sombrent dans l’oubli. Ces milliers d’objets et de livres constituent les bases d’une étude historique qui commence seulement.»

Mais cette absence de confron-tation ne convainc pas Jacqueline Amiel-Donat. Après l’élévation en 2003 d’une stèle funéraire comprenant les noms de certains membres de l’OAS, puis d’un Mur des disparus, dont le listing fait débat, la chef de file du PS perpignanais voit dans ce troisième lieu de mémoire une nouvelle invite ...

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